08 juin 2009
Je reprend aujourd'hui le clavier après un départ un peu précipité de ce blog.
Je n'ai pas vraiment d'excuse si ce n'est une fainéantise inégalable.
Enfin bon,mon voyage au Pérou c'est bien finit, je me suis offert quelques sympathiques excursions toutes plus cocasses les unes que les autres un peu partout dans le pays. Peut être un jour trouverais je le courage de conter tout ça.
Bref, présentement je suis à Villarrica, Paraguay. Surprenant, non?
Le fait est que pour ma troisième année d'école de commerce, je devais à nouveau faire un stage de 4 à 5 mois. Au départ, j'était parti pour faire un sympathique stage au crédit mutuel au Guilvinec. Finalement le plan est tombé à l'eau, et un ami m'a trouvé un stage au Paraguay au sein d'une association de microfinance.
Le Paraguay c'est ce petit pays enclavé entre l'Argentine, le Brésil et la Bolivie. C'est un pays assez peu connu, qui n'a pas vraiment d'attrait touristique, à part les chutes d'iguazu à la frontière avec le Brésil et l'Argentine, et quelques vieilles pierres.
Je m'arrête ici pour aujourd'hui, la prochaine fois je commence à narrer mes aventures paraguayennes, qui commencent bien avant d'y arriver...
28 octobre 2008
Comme promis, un petit article sur la situation péruvienne, quelque peu troublée ses derniers temps :
Premièrement, l’équipe de foot nationale c’est fait étrillée 3 – 0 par la modeste formation bolivienne la semaine dernière, puis 1 – 0 quelques jours plus tard par le leader du groupe sud-américain, le Paraguay. L’après midi du match contre le Paraguay, j’ai croisé un mec en larme dans la rue à la fin du match. En effet, le pays vient de perdre sa qualification pour le mondial 2010.
Je pense avoir un avenir en commentateur sportif, faut juste que je m’entraine à brailler des goooooooooool aussi long qu’eux et je serais bon.
Deuxièmement, la semaine dernière des enregistrements sont sortis d’on ne sais où pour révéler un scandale de corruption. Rien de bien extraordinaire me direz vous, sauf que cette fois le scandale ne touche pas seulement quelques obscures députés, il remonte jusqu’au somment du gouvernement.
Je vais essayer d’expliquer l’histoire, mais c’est un bordel.
D’abord une entreprise pétrolière norvégienne, Discover Petroleum souhaite investir au Pérou. Pour cela, elle doit faire une demande de concession à l’entreprise nationale Perupetro qui détient le monopole sur les concessions. Sauf qu’il y a un ripou dans la maison, le PDG Alberto Quimper.
Ensuite nous avons les « ratas », les rats comme les appels Alan Garcia le chef de l’Etat, Fortunato Canàan entrepreneur dominicain et Romulo Leon ancien ministre et membre de l’APRA, le parti au pouvoir. Ces deux là sont accusés d’avoir mis en contact les représentants de Discover Petroleum avec le premier ministre Jorge Del Castillo.
En fin de compte, les deux compères Canaan et Leon ont réussis à organiser un rendez vous entre l’entreprise norvégienne et le premier ministre qui à fait en sorte que ceux-ci obtiennent leur concessions avec l’aide de Quimper. Tout ce petit monde a été abondamment arrosé, et tout le monde aurait du être content.
Malheureusement, pas de bol un enregistrement vient de sortir où l’on entend une conversation téléphonique entre Romulo Leon et Fortunato Canàan, dans laquelle on les entend préparer leur coup.
Du coup le PDG de Perupetro Alberto Quimper est en taule, Romulo Leon et Fortunato Canàan sont en fuite, et le premier ministre s’est fait viré, ainsi que la moitié des ministres du gouvernement, qui étaient mouillés aussi.
Mais avant que les ministres ne démissionnent, on a eu le droit, comme sa ne suffisait pas, à une belle démonstration de politique.
Les ministres impliqués n’ayant pas démissionnés de suite, le parlement décide de voter une mention de censure (les députés votent pour décider s’ils demandent au président de former un nouveau gouvernement).
La dessus les membres du parti fujimoristes (de l’ancien dictateur Alberto Fujimori actuellement en procès) utilisent leur vote pour faire pression sur les autorités : on vote la censure du gouvernement à moins que vous ne fassiez un petit quelque chose pour limiter la peine de Fujimori.
La politique dans toute sa splendeur.
Dernièrement, un petit mot sur le Sentier Lumineux et ces dernières actions.
C’est un mouvement de guérilla Marxiste léniniste maoïste d’obédience Gonzalo (d’Abimael Guzman, ou Presidente Gonzalo, le chef de la guérilla), rien que ça.
Ils ont été très actifs dans les années 1980 jusqu'à l’arrestation de Guzman en 1992. Ils prônaient le pouvoir aux paysans et aux ouvriers, mais la guérilla comptait une grosse majorité d’étudiants et d’intellectuels fascinés par l’aura de Guzman, professeur de philosophie dans le civil. Ils ont donc commencés par des attentats, des attaques à la voiture piégées pour finir par massacrer les gens pour qui ils étaient sensés lutter, les paysans de la sierra.
A cette époque le Pérou est un bordel : Fujimori utilise le prétexte du terrorisme pour se mettre à l’aise, mettre les droits de l’homme, la démocratie et tous ses trucs qui doivent être casse burne pour un dirigeant, de côté.
On assiste à des disparitions, des massacres, des exécutions sommaires… On estime que cette période troublée à fait plus de 70 000 morts, la moitié par le sentier lumineux, l’autre par les militaires, paramilitaires et escadrons de la mort.
En 1992, Fujimori met en scène la présentation aux journalistes de Guzman, récemment arrêté. On voit un grand amphithéâtre bondé, et en bas, une cage recouverte d’un drap. Quand le drap tombe, on découvre Guzman barbu en pyjama rayé, genre un Dalton. Ca donne une idée du personnage de Fujimori.
Quelques années plus tard, Guzman sera condamné à la prison à vie.
Dans la prison de haute sécurité de Lima sont enfermés les criminels les plus dangereux du pays. Parmi eux, 500 senderistas. Alors que les autres prisonniers crèvent de faim de maladie et de mauvais traitement, les senderistas, ont leur propre quartier où ils ont carrément pris le pouvoir, les gardiens se font refoulés lorsqu’ils s’approchent de trop, les murs sont couverts de portraits de Guzman et de Mao, et ils ont reconstruits leur quotidien : formation politique, marches à la gloire du presidente Gonzalo, endoctrinement, ils ont l’air en bonne santé, reçoivent de la nourriture d’on ne sais où, et continuent à préparer le grand soir.
A l’extérieur, alors que tout le monde croyait en avoir finit, deux attaques successives ont fait une trentaine de morts dans la région d’Ayacucho et des militaires, et des paysans ont été retrouvés avec les yeux et la langue arrachée.
Cela serait du aux opérations anti narcotrafic menées par les militaires dans la région, en collaboration avec l’armée US. En effet, le sentier lumineux, qui durant ces heures de gloire se contentait de racketter le narcotrafic, fait aujourd’hui alliance avec lui. Il y aurait des membres du cartel de Tijuana qui auraient été repérés dans la région.
13 octobre 2008
Week-end à Trujillo :
Samedi 27 septembre, vers midi, je reçois un coup de téléphone d’Anne, pour me demander si un week-end à Trujillo me tente. C’est parti pour une nouvelle aventure, sans Johann, qui a un temps de réaction encore plus élevé que le miens, et qui ne sera pas de la partie cette fois. On part donc dans la soirée, pour arriver à Trujillo, ville assez importante de la côte Nord, aux premières heures du jour.
On commence par chercher un hôtel pas trop cher, et on finit par trouver un petit truc sympa, qui nous réservera quelques surprises. En tout cas, le gérant est très sympa, il nous file les bons tuyaux sur la ville et ces alentours. Trujillo est situé au centre d’une zone archéologique assez importante, puisqu’on y trouve les ruines de la cité de Chan-chan, que l’on part visiter dans la matinée.
On prend un bus miteux qui nous largue en plein milieu d’un désert sec et chaud. On marche un petit quart d’heure avant d’arriver sur le site. Il s’agit en faite d’une toute partie de la ville qui a été restaurée et qui est visitable, mais la ville d’origine devait être vraiment énorme, il y a des ruines partout. D’après le petit papelard qu’on nous refile à l’entrée, nous sommes au cœur de la plus grande cité d’adobe au monde, construite par la civilisation Sican et détruite par les espagnols quelques millénaires plus tard. Les inondations, tremblements de terre ainsi que le phénomène d’El Niño ont finit le travail, et il reste plus grand-chose aujourd’hui.
Après une rapide visite au musée du site, dont je me rappel juste les chiens galeux et demis morts censés garder le musée, nous partons pour Huanchaco, charmante petite station balnéaire où les trujillaños viennent se promener le dimanche. On se trouve un petit resto sympa où on bouffe colombien pour pas cher en face de la mer.
Après cela on se paie une petite sieste sur la plage. On peut observer les pêcheurs sur leur caballo de totoras, des espèces de canoës en roseaux de 5 mètres de long qu’ils manœuvrent avec un bout de bambou coupé dans la longueur. Ça a l’air assez casse-gueule comme truc, surtout que la mer n’est pas spécialement calme par ici.
Les gringos qui se galèrent à passer la barre en surf doivent être assez bluffés par les péchous locaux.
On se fait réveiller par la marée qui monte, et on décide de monter voir l’église sur la colline qui surplombe le bled. On y croise une trujillana et sa fille avec qui on discute le bout de gras.
Elles nous disent que c’est bien qu’on soit venu visiter leur ville, mais qu’il ne faut quand même pas qu’on oublie d’aller à Macchu Pichu, la fierté nationale.
Ils nous en bassine tellement les péruviens, avec leur Macchu Pichu qu’ils m’en on dégoutés, j’irais pas, toute façon c’est trop loin.
Après ça on rentre sur Trujillo, en s’arrêtant en route voir une Huaca, un temple Sican en adobe. C’est bien mais moi les vieilles pierres sa a vite fait de me les briser. Alors on rentre au centre ville qui est assez animé en se début de soirée. On prend des risques en allant bouffer dans une Chifa, un resto chinois.
Je dois avoir plus l’air chinois que les serveurs du bordel, mais la bouffe est bonne.
On rentre à l’hôtel vers 8 – 9 heures le soir, il fait sombre, et en arrivant devant l’hôtel, on voit des silhouettes habillées très très courts. En vrai les silhouettes sont en string dans la rue.
On rentre dans l’hôtel, et on s’installe dans le hall histoire de boire une bière avec notre pote le gérant. Après quelques minutes à discuter, on voit une des silhouettes croisée devant la porte qui rentre dans l’hôtel suivie par un moustachu bedonnant, et le gérant nous explique, comme pour s’excuser : « oui ici vous savez il y a des hommes qui se perdent en chemin, qui ne savent plus vraiment ce qu’ils souhaitent, alors on les laisse travailler ici ». Oui, il se trouve que l’on a atterris dans un hôtel de passe où les travestis font leurs affaires.
Moi je suis plutôt amusé, Anne moins, elle part se coucher en s’enfermant à double tour. Je reste discuter avec le gérant, et un des travelos se joint à nous plus tard. Très sympa le mec.
Le lendemain matin je me réveil pour courir aux toilettes qui ne sont pas bien loin heureusement, merci la Chifa de la veille, c’était couru d’avance.
Anne est déjà partie, il est que 10 heures pourtant, pas bien cette fille.
Je pars me balader en ville, je trouve un petit marché artisanal, avec un arabe qui vend des babouches et de l’encens en écoutant du raï. Tout va bien, je suis au Pérou.
Je repars pour Huanchaco, j’ai pas eu assez de plage hier, et c’est pas cet été en Bretagne que j’ai pu en profiter. J’achète un journal et un Inca Cola et vais me faire dorer la pilule au soleil qui tape fort par ici.
En fin d’après midi je rentre sur Trujillo, je dois retrouver Anne pour rentrer à Lima. Je décide de longer la plage un moment. Après une petite heure de marche, la rencontre avec un groupe de pécheurs et une espèce de gros morse à moitié bouffé par les crabes, je retombe sur Chan-chan, que je traverse en me remémorant les conseils du routard : « vous éviterez de vous promener en dehors du site restauré, on a noté la présence de voleurs dans les ruines aux alentours » merci routard de m’avoir fait flippé pour rien, j’ai traversé la moitié des ruines, tout juste si j’ai croisé trois pigeons.
En arrivant dans le centre de Trujillo je rencontre deux mecs dans la rue qui m’invitent à boire une bière quand ils apprennent que je suis français. L’un des deux gars a une sœur qui vit à Marseille.
On va se caler dans un bar, le mec sort un petit cahier avec des mots en français, et me demande la traduction. Ensuite il me montre un page avec une photo de président Sarkozy et une liste de mots à côté, je vous la restitue de mémoire : « fils de pute, enculé, enfoiré, mangeur de merde », il me demande d’y ajouter ma contribution et m’explique qu’il a fait une demande de visa pour aller voir sa sœur et qu’on lui a refuser, la faute aux réformes de Sarkozy qu’on lui a dis.
Je lui demande quels sont les critères à remplir pour obtenir un visa de tourisme pour la France, voila ce qu’il m’a répondu :
- avoir un membre de sa famille qui vit et travail en France
- justifier d’un contrat de travail et d’un logement au Pérou
- justifier de ressources financières suffisantes. Ça on sait pas trop se que sa veut sinon que la France est interdite aux pauvres.
Moi pour avoir mon visa pour le Pérou je me suis pointé à l’immigration, le mec à feuilleter vite fait mon passeport sans faire attention, l’a tamponné et listo, 90 jours de totale liberté au Pérou.
Ensuite on est partis sur un sujet moins sérieux, allons nous dire : le sexe. Rigolez pas, je me suis rendu compte que les différences culturelles se font également bien ressentir à se niveau là.
Le mec voulait que je reste prendre une charrette avec lui cette nuit là. Je lui dis que je ne peux pas, je suis avec une copine et on a prévu de rentrer à Lima se soir.
Le mec me dis tient, t’est avec une copine, une française ? Je lui réponds par l’affirmative, il me fait : vous avez dormi dans la même chambre ? Dans le même lit ? Oui dans les hôtels de passe ils font pas trop de lits séparés.
Là le gars me demande si on a couchés ensemble. Je lui dis que non, c’est juste une amie no más, et là le mec comprend plus : attend t’as dormi dans le même lit qu’une fille et vous avez pas couchés ensemble ? T’est gay ?
Ba non, mais c’est juste une amie, sans plus. Et le type de m’expliquer qu’ici c’est même pas imaginable une chose pareil, tu dors avec une fille ça peut être ton amie d’enfance que tu connais depuis 15 ans, ta voisine, ta sœur, n’importe qui, du moment que c’est une femme, tu couche avec !
J’essaie de lui expliquer que chez nous on pense pas pareil, ya des filles avec qui on fait pas ça, mais il a pas l’air convaincus.
Après ce sympathique cours d’anthropologie latino, je retrouve Anne, et nous reprenons la route de Lima.
Dans un prochain post, je vous raconterais ce qu’il se passe au Pérou en ce moment : c’est qu’entre le gouvernement qui pars en sucette à cause des scandales de corruption, des cartels de Tijuana et du Sentier lumineux qui s’allient pour ridiculiser l’armée et de l’équipe de foot nationale qui vient de se faire éliminées des éliminatoires du mondial 2010, le pays est au bord de la crise.
06 octobre 2008
Après ce sympathique week-end, je retrouve Lima, où le printemps s’installe tranquillement, où les rares arbres fleurissent, et où les tenues se font plus légères.
Je commence à tomber dans la routine de la vie quotidienne à Lima, avec ses petits détails qui changent tout par rapport à la France : le joueur de flute aveugle (surement sourd aussi vu les horreurs qu’il joue) du quartier que je croise tout les jours, les vendeurs ambulants de l’avenue Javier Prado que j’emprunte chaque jour pour aller à la fac qui vendent tout et n’importe quoi, des bonbons aux cartes du Pérou, des cordes à sauter aux loupes, et des règles en métal aux épuisettes, mais surtout, le coiffeur chez qui j’ai été me faire raccourcir la tignasse et qui m’a très bien accueilli dans son garage, où sont emménagés le petit salon de coiffure et l’atelier de cordonnier qui lui permettent de vivre modestement.
Je pourrais aussi vous parler des bus et de leurs inscriptions (« en memoria de mi mama Carmen » ou alors le magnifique « si quieres polvo sigueme » avec un jeux de mot sur « polvo » qui veut a la fois dire poudre et poussière, si tu veut de la poudre/poussière, suis moi…), des chansons de cumbia où le mec se fais à chaque fois brisé le cœur par une sublime jeune fille, des radios que y’en a pas une qui est pas « nomero uno en todo el Perù », de la télé où même au milieu des matchs de foot ils passent de la pub, où alors de mon voisin que j’entend tout les soirs sans exception hurler sur je ne sais qui mais que j’aimerais pas être à sa place, avant de s’endormir mort soûls.
J’ai également pas mal appris sur le Pérou en achetant le journal de temps à autres. D’abord, il faut bien choisir son journal, parce qu’il y en a une palanquée, mais la plupart traitent uniquement de foot et de people, les deux opiums du peuple péruvien.
Le Comercio, journal de référence ici, qui doit s’apparenter à notre Monde, à lui aussi tous les jours son énorme cahier sport ou je devrais plutôt dire foot, et ses 5 pages de people.
J’ai quand même finit par trouver un journal qui parle un peu d’actualité entre les événements footballistiques, en étant un peu moins complaisant avec le pouvoir en place que le Comercio.
J’ai donc découvert ce qui préoccupe la société péruvienne actuelle : d’abord la délinquance. Tous les jours on a le droit aux faits divers assez flippants, genre le mec qui se prend une balle dans la tête pour 30 soles (7 euros), les assassinats de journalistes, où de témoins gênants, le phénomène des marcas, où des gangsters repèrent les gens qui retirent des grosses sommes d’argents à la banque, qui les suivent jusqu'à l’endroit propice pour leur voler le fric et qui hésitent pas à tuer si il faut. Le phénomène a pris tellement d’ampleur sur Lima que les autorités ont décidés de proposer aux gens une escorte policières à la sorties des banques.
Ensuite les accidents de bus : environ une fois par semaine en une de tous les journaux, un accident de bus avec ses quelques dizaines de morts, où les victimes commencent par se faire voler leurs affaires par les flics avant l’arrivée des véritables secours.
Enfin la vie politique est assez tourmentée : entre les affaires de corruption, les ministres démissionnaires, les grèves illimitées, comme celle des médecins (oui ici même les médecins font grèves) qui dure depuis plusieurs mois, on ne s’ennuie pas, et avec la crise qui s’annonce sa ne va pas s’arranger.
On peu également parler du procès de Fujimori, derniers dictateur péruvien qui a régné sur le pays de la moitié des années 1980 à 2000, et qui sous prétexte de lutte contre la guérilla du Sentier Lumineux à fais disparaitre tout ses opposants. Le verdict est attendu pour la fin de l’année, et de nombreux péruviens craignent que Fujimori en sorte sans être condamné. La fille de ce gars là est députés et compte se présenter aux prochaines élections présidentielle, et elle à déjà dis que la première chose qu’elle ferait si son père était en prison lors de sa prise de pouvoir serait de le libérer. Le plus grave est que cette fille est une des députés les plus populaires du pays.
Enfin pour finir sur la presse, on peut également dire qu’ici les dirigeants ne s’embêtent pas à demander le licenciement des journalistes un peu trop curieux, puisque récemment « El Francotirador », un journaliste reconnu dans tout le pays pour son savoir faire en matière de dégommage de politiciens ripoux a été victime d’un malheureux accident de voiture, il s’en est sorti avec quelques contusions, et les journaux bienpensants ont eu vite fait d’accuser Hugo Chavez de « l’accident ». En effet, dans chaque pays latino américain il y a un bouc émissaire : en Equateur ce sont les colombiens, à chaque fois qu’il se passe quelques chose c’est de leur faute. Ici au Pérou, c’est Chavez qui prend.
Enfin des nouvelles de l’Equateur où la nouvelle constitution soutenue par le président Correa a été approuvée par référendum par 67% des équatoriens si mes souvenirs sont bons. Cette constitution a été qualifiée de « plus avancée du continent ». Entre autres mesures, on peut signaler que les homosexuels acquièrent les mêmes droits que les hétéros en matière de mariages et d’adoption, l’installation de base militaire étrangère est interdite sur le territoire, ça c’est pour la base américaine de Manta qui va devoir trouver un autre foyer dès l’année prochaine, le fait que les secteurs stratégiques de l’économie restent aux mains de l’Etat, et que celui-ci à le pouvoir d’autoriser ou non une entreprise étrangère à s’installer dans le pays. Enfin les indigènes voient leur système politique reconnu par l’Etat.
Pour finir, une citation de Michelle Bachelet, présidente du Chili, qui lance un vieux doigt d’honneur aux gringos après les événements en Bolivie, quand Evo Morales a expulsé l’ambassadeur des Etats-Unis accusé de conspiration : « s’il n’y a jamais eu de coup d’Etat aux Etats-Unis, c’est parce qu’il n’y a pas d’ambassade des Etats-Unis aux Etats-Unis ».
01 octobre 2008
Après un mois passé dans la grisaille liménienne, je finis par partir en week-end avec mes collègues Anne et Johan.
La destination choisie après de nombreuses tergiversations est Huancayo, ville assez importante dans la sierra centrale, à 8 heures de bus de Lima.
Nous embarquons tranquillement dans la soirée, vers 23 heures, pour partir avec juste une heure de retard, ils ont l’air sérieux dans cette compagnie. Le bus est grand luxe, avec des sièges qu’on dirait des canapés tellement ils sont grands et confortables, c’est assez rare dans ces contrées sauvages pour être noté. Une charmante hôtesse nous sert un petit maté de coca, spécialité de la sierra, c’est une infusion de feuille de coca, c’est assez bon et sa a plein de vertus plus ou moins mythiques. Nous on est un peu hallucinés devant tant de luxe, et on en profite bien parce que sa sera pas toujours ça.
Au petit matin, on arrive à Huancayo et après avoir déposé nos affaires dans un hôtel, on part pour le marché dominical où l’on passe la matinée.
C’est à ce moment que l’on arrive vraiment au Pérou : il n’y a quasiment que des indigènes, alors qu’a Lima ils sont invisibles et on ne passe pas inaperçus, surtout Anne qui se fait zyeutée par des petites vieilles émerveillées par ses cheveux blonds.
Dans le marché on découvre les spécialités locales : les potions médicinales, et leurs ingrédients. On peut ainsi observer d’énormes serpents enfermés dans leur bocal, des cactus hallucinogènes, et des grenouilles prêtes à passer au mixer. En effet, le jus de grenouilles est recommandé pour les lendemains de soirées difficiles. C’est pas bien dur à faire : prenez une grenouille bien grasse et passer la au mixer, ajouter du sucre et dégustez. On se promet d’essayer demain, voir si c’est efficace ou pas.
Après le marché nous partons pour le cerrito, petite colline surplombant la ville. On y trouve un joli petit parc où les familles viennent se promener le dimanche. La vue sur la ville entourée des montagnes est sympathique. En redescendant nous croisons un zoo que nous décidons de visiter. Erreur. C’est un endroit assez cauchemardesque, les lions, tigres et autres fauves sont enfermés dans des cages à lapins, les ours perdent leurs poils, le condor n’a même pas assez de place pour déployer ses ailes, et on a vraiment crus que le crocodile était mort tellement il avait sale gueule. Assez déprimant ce zoo.
L’après midi, nous partons pour Jauja, petit village à une heure de bus, où nous grimpons une bonne petite colline pour voir des ruines de la civilisation pré incaïque Wanka. Pour le coup c’est vraiment des ruines, tout juste si on croise deux trois tas de cailloux.

On retourne au village et on part pour le second lieu touristique du bled, en l’occurrence une lagune à quelques minutes en mototaxi. Cet engin est assez indescriptible, c’est une moto avec trois roues et une petite banquette à l’arrière, avec une carrosserie et quatre portes, la grande classe.
Le trajet est plutôt chaotique, l’engin galère un peu dans les côtes, mais on finit par arriver à destination. La lagune est assez jolie, mais le soleil se couche, et à cette altitude on a vite fait de se les geler, ce qui fait que l’on va vite se réfugier dans une gargote boire un mate de coca bien chaud.
On rentre sur Jauja, toujours en mototaxi, sauf que cette fois c’est une jeune femme et ses trois gosses qui nous conduisent, autant dire qu’on est un peu à l’étroit dans l’engin, et que cette fois il a carrément du mal. On arrive quand même à rentrer à Jauja où l’on trouve un bus pour Huancayo. On est un peu claqués par cette journée bien remplie, et évidemment le bus est blindés et on doit passer l’heure et demie de trajet debout. On arrive à destination à bout de force, surtout que le chauffeur a eu la bonne idée de nous mettre la musique la plus déprimante qui soit.
Après un peu de repos, nous partons manger un morceau en ville, après quoi on rencontre un couple de jeunes locaux qui nous invitent en boite. La soirée sera assez rude et je ne parle pas du réveil du lendemain. Anne est debout vers 7 heures, Jo et moi vers 11 heures. On part manger un cuy, puis nous partons pour un petit parc à l’extérieur de la ville, assez joli, qui raconte l’histoire de la ville depuis sa création il y a bien longtemps par la civilisation Wanka.
Après cela, nous rentrons en ville prendre les billets du retour. Le bus part vers 23 heures, nous arrivons sans encombre sur Lima vers 7 heures le lendemain matin.
09 septembre 2008
Après avoir un peu tourné en rond, je me décide à prendre un taxi. Celui-ci me dépose chez Patricia, femme d’un certain âge, dirons-nous, prof de français dans une école pour jeunes gens bien nés. Autant dire que Patricia n’est pas à plaindre. Elle vit seule avec sa chienne Luna, espèce de raton insupportable passant sa vie enfermé dans l’appartement à hurler à chaque fois que quelqu’un passe devant la porte.
L’appartement est un modeste trois pièces cuisine joliment arrangé au troisième étage (quatrième ici, puisqu’ils comptent le rez-de-chaussée comme le premier) dans le quartier de La Victoria, plutôt calme, même si j’entends souvent des trucs comme : « quoi, t’habites La Victoria, c’est chaud la bas, non ? », je dois être dans la bonne partie du quartier.
A Lima le quartier serait plutôt l’équivalent des arrondissements de chez nous, puisque chaque quartier à son « Alcalde », son maire, et sa municipalité. Lima compte 42 de ses quartiers, auxquels il faut ajouter le Callao, qui est une ville « indépendante » de Lima, mais qui est située en plein milieu de la ville. J’ai récemment acheté un plan de la ville, le bouquin fait 200 pages, pour donner une idée de la taille de la ville.
Les premiers jours je me perds un peu, mais après trois jours de tentatives infructueuses, je finis par réussir à aller jusqu'à la fac sans l’aide d’un taxi. Faut dire que j’habite La Victoria, mais que je dois prendre mon bus dans le quartier voisin de San Isidro, et que la fac est à San Miguel, mais que je dois descendre à Pueblo Libre. Un bordel je vous le dis.
Il faut aussi parler des fameux « bus » liméniens : il y en a de toutes sortes, du mini-van Toyota genre Lite-Ace à 8 place où on rentre au double minimum, jusqu’au vrai bus qui se galère dans l’impossible circulation de la ville. En effet, cette ville est un peu un enfer pour les automobilistes : pleine d’énorme avenues à 4 voies de chaque côtés, où les voitures roulent à fond les manettes, le piéton est ici secondaire, donc quant il faut traverser une de ses avenues, il vaut mieux courir vite. En plus, la municipalité prend un malin plaisir à faire des travaux dans les rues. Ce qui fait qu’un beau matin, en prenant le bus pour aller à la fac, on se rend compte que la moitié de l’avenue habituellement utilisée est coupée, sans que personne n’ait été préalablement prévenue, ni les habitants de la rue, ni les entreprises de transports. En plus ici les travaux peuvent rapidement prendre quelques années.
Donc après trois jours de tentatives infructueuses, je finis par arriver à la fac. Au premier abord, sa a l’air d’un truc immense, mais après quelques temps d’adaptation, on parvient à se repérer. C’est plein de verdure, il y a des animaux bizarres, genre des écureuils, et des biches qui se baladent entre les salles de cours, et c’est tout bien propre. L’interdiction de fumer est étendue à tout le campus, et il y a des gardiens devant chaque bâtiment, avec contrôles des cartes d’étudiant et tout le bazar.
Je retrouve mes deux compères, Anne et Johan qui viennent de la même école que moi à Lyon, et nous découvrons notre emploi du temps, plutôt « léger » :
Mardi : 20h - 22h : une semaine sur deux, TP de marketing opérationnel.
Mercredi : 8h – 9h30 : Economie international ; 10h – 12h : marketing stratégique ; 18h – 20h : TP de marketing stratégique, 4 fois dans le semestre.
Jeudi : 10h30 – 12h : Marketing stratégique ; 17h – 20h : Marketing opérationnel.
Vendredi : 8h – 9h30 : Economie international.
Samedi : 7h30 – 10h30 : Droit international.
Le cours d’éco est assez peu intéressant car donné par un professeur quelque peu soporifique. Il nous sort des formules qui prennent tout le tableau, il se perd en explication pour nous démontrer des concepts somme toute assez basiques. Dommage, surtout que le cours à lieu à 8 heures, c’est assez peu encourageant pour se lever le matin.
Le cours de marketing opérationnel est donné par un italien sévère que les étudiants craignent un peu. En effet, passé un quart d’heure, il ferme la porte de la salle et plus personne ne rentre. C’est assez inhabituel ici, où les étudiant ne se gène pas trop pour arriver une demi – heure, voire une heure après le début du cours. J’ai été assez surpris d’apprécier se cour, moi qui ai quelques difficultés avec le marketing. Peut-être parce que le prof est différent de celui qui m’a appris le marketing à Lyon.
Le cours de marketing stratégique est bien différent, puisqu’il nous apprend comment les entreprises définissent leur stratégie. Le prof est assez intéressant, bien qu’un peu bloqué idéologiquement sur le libéralisme, voir même l’ultra : il n’a pas hésité à nous sortir qu’à son avis, les ONG n’avaient aucun avenir, et que se serait les entreprises privées qui feraient leur travail.
Enfin le cours de droit fonctionne d’une manière originale : nous sommes une classe de 20 étudiants, et chaque semaine le prof nous donne des textes à lire pour la semaine suivantes sur un sujet de droit international, comme la cour interaméricaine des droits de l’homme, la dette extérieure, le terrorisme, la cour pénale internationale ou le droit environnemental international, par exemple. Ensuite pendant le cours, on discute du sujet étudié entre étudiants. C’est vraiment pas mal pour apprendre le droit, même si se farcir une centaine de pages de droit en espagnol chaque semaine n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus réjouissant.
Cela fait maintenant trois semaines que je suis arrivé à Lima, je commence donc à me rendre compte de ce qu’est vraiment cette ville. D’un côté, pas mal de négatif, comme le climat, qui m’assure-t-on, devrait s’améliorer dans les semaines à venir, la taille de la ville et la circulation, qui fait qu’il faut compter une heure minimum pour aller n’importe où, et enfin le fait que partout où l’on aille, on tombe sur un gardien, un agent de sécurité ou un policier. Ils sont vraiment partout, et on se sent un peu sous constante surveillance. De plus, la municipalité met des grands panneaux dans toute la ville, proclamant que l’on est en sécurité, qu’il y a des caméras de surveillance et des policiers partout. Si avec le nombre de flics qu’il y a déjà ils n’ont pas réussis à rendre Lima plus sur, ils devraient peut-être penser à changer leurs méthodes.
D’un autre côté, pas mal de positif aussi : la ville est grande, il y a donc plein de choses à voir, des musées, des parcs, des cinémas… Ensuite il y a la mer, et d’ici quelques semaines on devrait pouvoir s’y baigner, en remontant un peu au Nord de la ville. La vie nocturne est également assez intéressante. En effet, les bars et boites sont ouverts tous les soirs jusqu’à pas d’heure, l’entrée est généralement gratuite, le litre de bière à 10 soles (2,5€), les gens sont super accueillants, ils n’hésitent pas à venir discuter, la musique est valable même si c’est un peu toujours la même chose : salsa, cumbia et reggaetton, il va falloir se décider à apprendre à danser tout sa. En plus, à Lima comme dans toute grande ville, il doit y avoir des endroits où l’on peut voir des concerts, il va falloir trouver sa. Enfin, dernier point positif, Lima est au centre du pays, le bus ne coûte pas grand-chose, et on a des weekends à rallonge, mes deux collègues étant aussi des amateurs de rando, on va pouvoir s’offrir quelques excursions dans les montagnes, prendre un peu le vert.
Aujourd'hui, première journée de soleil, c'est assez agréable.
04 septembre 2008
Ça y est, me voila reparti pour 4 mois, au Pérou cette fois.
Quatre mois à Lima, à étudier à la PUCP, ou Pontifica Universidad Catolica del Perù, rien que ça.
En vrai cela fait déjà plus de trois semaines que j’y suis, mais je n’ai pas eu le courage ou l’envie d’écrire, besoin de se poser un peu, de prendre possession des lieux.
Les photos arriveront plus tard, je dois encore racheter un appareil, ma bien aimée génitrice ayant réquisitionnée l’ancien.
J’ai donc quitté la terre bretonne le 11 Aout dernier, peu après 15 heures, direction Paris où je suis arrivé dans la soirée. Après une nuit dans un hôtel assez froid et peu humain, mais pas cher, j’ai donc retrouvé les charmants agents des douanes américaines qui m’ont à nouveau posés leurs questions toujours aussi indiscrètes, avant de partir pour Miami et ses longues heures d’attente à l’immigration.
J’ai fini par arriver à l’aéroport Mariscal Sucre de Quito, Equateur, le 12 Aout au soir.
Taxi direction l’hôtel pas cher près de la gare routière, pour repartir le lendemain vers Riobamba dire un petit bonjour aux amis de la communauté de San Francisco.
Je discute un peu avec le chauffeur de taxi, j’ai un peu perdu mon espagnol, mais je me débrouille. J’ai le malheur de lui dire que je vais rendre visite à des amis près de Riobamba, et le voila qui me propose de m’y emmener se soir même pour la modique somme de $100. J’ai beau lui dire que ce n’est pas dans mon budget, ce qu’il ne croit évidemment pas - je reste un gringo plein de sous dans sa tête - et que je n’ai pas l’intention de débarquer à trois heures du matin chez mes amis, il insiste, me dit que l’ont peu toujours négocié le prix, etc.…
Il finit tout de même par me déposer à l’hôtel, où je dors comme un bébé après deux jours sans sommeil, mon sommeil paraissant incompatible avec l’avion.
Le mercredi 13 Aout au matin, je me rends à la gare routière et prend un bus pour Riobamba où j’arrive vers 11 heures. Coup de chance, je tombe sur un bus qui part pour San Francisco, chose plutôt inhabituelle à cette heure là. J’arrive donc à San Francisco sur les coups de midi, et trouve Catherine et Julianna à table.
Je demande des nouvelles des différents projets sur lesquels j’ai travaillé quelques mois plus tôt. D’après Catherine les confitures sont en perdition, les femmes de l’organisation, propriétaires de l’entreprise n’ont pas changées, elles ne cessent de décourager les filles qui y travaillent, les traitant de voleuses à tout prétexte.
Plus tard apparait Pierrick, qui n’a pas l’air en grande forme, trop de travail surement. Il me raconte que les confitures ont enfin obtenues, après plus d’une année de travail le registro sanitario, document permettant de distribuer les confitures à plus grande échelles, mais seulement pour trois saveurs. Je ne sais pas si quelqu’un aura le courage de reprendre les démarches pour les autres saveurs, dommage.
Concernant le musée, Ximena n’a pas sérieusement avancé le projet depuis mon départ et je crois que Pierrick à abandonner l’idée de parvenir à quelque chose avec elle. Une autre étudiante équatorienne se serait intéressée au projet et aurait permis d’obtenir des fonds.
Peut-être les travaux que j’ai effectué pour se foutu musée serviront-ils un jour !
Plus tard arrive un couple de touriste à la maison, un couple de breton une fois de plus, des punks avec les piercings et la crête, sa détonne dans le paysage ! Ils sont forts sympathiques, et je passe l’après-midi à discuter avec eux au coin du feu, le décalage climatique se faisant ressentir assez rudement pour moi.
Après le repas du soir nous revoilà de retour autour du feu avec des bières en plus, à « refaire le monde », comme on dit. C’est assez agréable, Jean et Emilie venant du Pérou, ils me font partager quelques bons plans sur Lima. A priori il y aurait de nombreuses possibilités de débauches en tout genre, les repères alternatifs permettraient de faire des rencontres inédites, et de discuter de sujets divers et variés avec des personnes d’horizons différents.
Ils me rassurent donc un peu sur cette ville que tout le monde me décrivait comme n’étant qu’une vaste étendue d’immeubles ternes plantés sous une éternelle couverture nuageuse et arrosés par d’incessantes averses.
Le lendemain jeudi 14 Aout arrivent un nouveau couple, encore des Français, parisiens cette fois. Après avoir été faire un petit tour dans le village, sans croiser de visages connus, je les rejoints au coin du feu où nous entamons une deuxième journée à discuter de tout et de rien.
Après avoir vider le stock de bière de la maison et bruler tout le tas de bois, tout ce petit monde s’en va dormir. Je me décide à partir pour Lima demain.
Le vendredi 15 Aout, je profite de la voiture de Pierrick pour descendre à Riobamba. Il me dépose au terminal terrestre et je prends le premier bus pour Cuenca à 13 heures, pour y arriver 6 heures plus tard après avoir traverser de jolis paysages sur des pistes qui n’en méritent même pas le nom. Arrivé vers 19 heures, je repars direct pour Huachillas, à la frontière péruvienne où j’arrive vers 3 heures du matin. A la sortie du bus je croise un gosse d’une douzaine d’année, qui ce propose de me trouver un hôtel. J’accepte volontiers, je suis un peu stone après ses heures de bus et je débarque dans cette ville au climat assez étouffant sans trop savoir où aller.
Le gosse me trouve un hôtel et propose de me retrouver demain matin pour m’accompagner jusqu’au Pérou.
Après une courte nuit sous la moustiquaire, le gosse vient frapper à ma porte, et me voila reparti. Il m’accompagne chez un taxi qui m’emmène d’abord à l’immigration équatorienne faire tamponner mon passeport, ensuite on passe la frontière et on passe à l’immigration péruvienne. Mon taxi m’emmène ensuite jusqu'à Tumbes, petite ville non loin de la frontière. Sur la route, je découvre une végétation encore inconnue pour moi : des bananeraies à pertes de vue d’un côté de la route des rizières de l’autre.
A Tumbes je commence à découvrir le Pérou, les nuevos soles, la monnaie locale, les lao chais, des espèces de motos bizarroïdes à trois roues avec une carrosserie et quatre portes, s’il vous plait, qui servent de taxi.
Après quelques heures d’attentes, je repars pour Chiclayo, plus au Sud, d’où je prends un bus pour Lima.
Quand je vois la gueule du bus dans lequel je vais devoir passer une quinzaine d’heures, je me dis que j’aurais du écouter ma môman et prendre l’avion.
Je finis par monter dedans, et tente de m’installer le mieux possible, ce qui malgré mes efforts ne donne pas grand-chose si l’on prend en compte le fait que l’espace entre mon siège et celui de devant est d’environ 30 cm et que j’ai mon sac entre les jambes.
Je finis par réussir à rentrer, j’ai les genoux au niveau des oreilles et le moral au fond des chaussettes. Je me rassure en me disant qu’à 6 heures demain matin je serais à Lima et que tout ira mieux.
Je réussi à dormir un peu, et me réveille avec le lever du soleil, vers 7 heures, au beau milieu de pas grand-chose, un espèce de désert aride et gris, sans fin. Après s’être fait arrêter et contrôler une demi-douzaine de fois par les douaniers, police routière et autres képis, nous finissons par approcher de Lima. En effet, au milieu du désert apparaissent des cabanes en bois et en tôles, noyés sous la poussière, prémices de la mégapole péruvienne.
Après plusieurs heures de ce même paysage misérable, on arrive sur la côte pacifique, que l’on va surplomber plusieurs kilomètres, du haut de falaises assez peu rassurantes, les rambardes de sécurité étant remplacées par quelques sacs de sables empilés aux endroits les plus dangereux. Ma voisine ne me réconforte pas vraiment quand elle me dit que c’est un scandale, que l’on aurait du arriver il y a plusieurs heures déjà, que le chauffeur (ils sont sensés être trois pour se relayer), est tout seuls, qu’il n’a pas arrêté de conduire depuis 21 heures la veille (il est 9 heures du matin, et j’ai peur)…
Dimanche 17 Aout, 11 heures : arrivée à Lima, vivant, maintenant trouver la maison.
26 avril 2008
Me voila donc de retour au pays. Mon école me propose de partir en échange dans une fac étrangère l'an prochain, je tente le Pérou, c'est pas loin de l'Equateur, mais je n'ai pas grand espoir, il n'a que deux places. 
La vie reprend son cour, école, boulot, dodo, pas drôle.
Je viens d'avoir la réponse, je part au Pérou l'an prochain!! 
La motivation revient, il faut que j'ai mon année maintenant!

Samedi 29 mars : Départ de bonne heure pour l’aéroport, le gérant de l’hôtel très sympa me trouve un taxi.
Moi qui ne me suis pas trop fais arnaquer depuis le début du voyage, je me fais baiser en beauté par cette vérole de chauffeur.
Tant pis.
Dernières images de l'équateur:



San Francisco
Tungurahua en rogne vomissant ses cendres.
La cabuya, plante à partir de laquelle les femmes fabriquent les shigra.
Le Capuli, arbre fruitier donnant des espèce de petites cerises.

Un Burro

Pierrick et un cria alpaca
Préparation du Yahuar Locro. Lorqu'un lama est abbatu au restaurant de Palacio Real, on garde les morceaux qui ne peuvent être servit (tête, pattes, tripes, sang...) et on en fait une soupe, le Yahuar Locro qui est vendu aux personnes de la communauté. Je n'ai pas eu l'occasion de goûter mais d'après Pierrick, c'est bon.






Communauté de Rumipamba
Vendredi 28 mars :
Jacques me dépose au terminal de Riobamba.
Je monte dans le bus pour Quito.
J’y fais quelques achats, et vais faire un tour dans le Quito colonial le soir.
La faune y est assez intéressante : les tiendas sont prise d’assaut, j’espère qu’ils ont de bons stocks de gnôle, sinon ça va finir en émeute.

Le parque El Ejido qui sépare le Quito colonial du Quito moderne.

Le Panecillo, la vierge de Quito















