Viaje a Ecuador

"Etrange peuple, qui vit dans la pauvreté sur des montagnes d'or, s'endort tranquille aux pieds des volcans et s'amuse avec de la musique triste." Alexandre Humboldt

25 avril 2008

Jeudi 3 janvier :

Ca y est c’est parti, je monte dans le train direction Paname city. Après un long, trop long trajet

train – métro – métro – tramway, j’arrive à Bobigny, clinquante capitale du 9-3.

Abiba et Adama, chez qui je vais passer la nuit viennent m’accueillir au tramway, on passe déposer mes affaires à l’appart’: une petite tour avec jeunes qui zonent dans la cage d’escalier et tags vengeurs, wesh t'inquiète, j'suis à la maison.

J’aime le regard des mecs qui voient avec étonnement un petit blanc dans ce ghetto, d’autant plus qu’il est accompagné par une jolie noire et son fiston.

L’appart est plutôt sympa : canap’ de cuir blanc, plasma, chaine hi-fi, PC… tranquille.

On redescend vite fait, direction le chinois du coin. Entre deux conneries d’Adama qui à du se résoudre à vider la réserve du resto, je trouve le temps de causer avec Abiba.

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Vendredi 4 janvier:

Abiba me réveille tôt, on se prépare pour partir.

Evidemment ce branleur d’Adama trouve le moyen de se lever 5 minutes avant qu’on parte.

Sa mère veut le déposer chez sa sœur. On attend donc monsieur, moi je sens le stress monter.

On finit par partir, tramway, le petit nous lâche, métro à la bourre, jusqu'à gare du Nord où je quitte Abiba, puis RER pour l’aéroport. J’arrive chez Tonton de Gaulle, c’est trop grand pour moi, je mets 15 plombes à trouver la sortie de la gare. On est un provincial ou on ne l'est pas.

J’entre enfin dans l’aéroport, mon terminal est à l’autre bout.

Je trouve le bureau d’embarquement où une vieille douanière amerlock m’attend après une bonne ½ heure d’attente.

Et là commence l’interrogatoire : pourquoi l’Equateur, combien de temps, quelle adresse, numéro de téléphone, facture du billet d’avion, ouverture du sac… cette vieille bique ne m’épargne rien, en plus elle est noire, ça doit être pour ça, elle est raciste.

J’ai bien envie de lui demander d’où est ce qu’elle me demande ça vu que je vais pas passer deux heures aux USA, mais bon, je la ferme.

Je remarque quand même que les vieux couples, les jeunes gens bien mis, et les mecs en costard se font sensiblement moins emmerdés que les jeunes avec sacs de routard et pompes de rando.

J’ai juste le temps de grimper dans l’avion, et on décolle. S’ensuivent les dix heures les plus longues de ma vie : entourer de vieux amerlocks  à regarder des films tout pourris en anglais, évidemment.

On nous distribue le fameux questionnaire à remplir avant d’entrer sur le très saint territoire étasunien.

Alléluia.

Après t’avoir demander si tu était un terroriste, un syndicaliste, un pédophile ou un musulman ses cons là prennent quand même le soins de te dire que si tu as répondu « oui » à une des questions, sa va chier pour toi à l’atterrissage.

On arrive enfin à Miami. A la sortie de l’avion, passage aux douanes.

Là pour le coup j'ai envie de tout casser, j’ai fait la queue pendant exactement 1h30, avant qu’un énorme black dans son bocal ne s’occupe d’observer mon passeport sous toutes les coutures. Ensuite il prend ma gueule en photo, mes empreintes, et me pose des questions indiscrètes sur le but de mon voyage.

Il me reste une ½ heure pour récupérer mon sac, le réembarquer, trouver le terminal, passer à la fouille, enlever mes pompes ma ceinture, tout le bordel.

Les USA c’est de la merde.

Je suis un antiaméricain primaire et j’assume.

Enfin on y est, reste plus qu’a attendre l’avion. Prémices de l’Equateur, il est à la bourre.

On finit par y aller. L’ambiance est bien plus joyeuse qu’avec ses enculés de ricains. Les hôtesses sont marrantes, et devant moi j’ai une bande de femmes qui passe tout le voyage à picoler et à parler fort.

On atterrit, applaudissements, les douanes me retiennent 5 minutes à tout péter.

Mirtiye, Catherine et Marine m’attendent. Il est 23 heures, elles m’embarquent dans un taxi jusqu’au terminal de Quito, bus pour Riobamba, puis taxi jusqu’à San Francisco de Cunuguachay, la communauté où je vais passer ces trois prochains mois et où on arrive vers 3 heure du matin.

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Samedi 5 janvier :

Aujourd’hui je fais la connaissance de mes collègues avec qui je vais vivre ses trois prochain mois. Présentations :

Pierrick, mon patron, curé de son état, fervent suporter d’Hugo Chavez et de ses acolytes Correa et Morales.

Il est en Equateur depuis maintenant 9 ans, et à décider de profiter de son job ici pour filer un coup de main aux indigènes en leur permettant de monter des projets de développement. Il a toujours quelques choses à faire, mais il prend quand même le temps de raconter des bonnes conneries à tables. Grâce à lui, tous les indigènes de la région savent dire « fait chier ». Ainsi on peut entendre gueuler dans une communauté qui a du voir passer deux fois l’homme blanc depuis sa fondation des trucs comme: « FAIT CHIER, PUTA MADRE, HIJO DE PUTA, ISMATA MICUY !!! »

Ismata Micuy : bouffeur de merde en quichua.

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Julianna
est indigène et est charger de s’occuper de la casa de turismo où nous vivons, Pierrick, les volontaires et les touristes de passage. Julianna se fait surnommer « Jolie » dans la communauté, encore un apport de Pierrick.

Julianna mérite son surnom.

Elle est chargée, entre autre de nous faire à bouffer parce que nous on est blancs et que ce n’est pas notre boulot. Spécialiste du riz : elle nous en fait en moyenne une à deux fois par jour.

Sait aussi faire des crêpes, et c’est bon.

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Catherine
est volontaire. Elle est à San Francisco depuis Octobre et elle va y rester 2 ans.

Noble de son état, Catherine vouvoie ses parents, porte un chapeau de chasse à courre et a des remords lorsqu'elle ne pas à la messe 3 semaines de suite. Elle est vétérinaire et a passée quelques années en Belgique vu que cette glande n’a pu entrer en école vétérinaire en France « trop dur » parait-il. Mon cul.

Elle ne passe pas inaperçue : grande, blonde, grande gueule.

De plus, elle se balade régulièrement avec l’habit traditionnel Quichua, accompagnée d’un lama, acheté dans le but de l’accompagner dans ses déplacements à travers les communautés et à porter son matériel vétérinaire.

Les indigènes réagissent avec beaucoup d’étonnement à chaque fois qu’ils la voie se balader avec sa bestiole.

Aux dernières nouvelles celle-ci refusait toujours de porter les affaires de Catherine. Sale bête.

A mon grand étonnement, je parviendrais a bien m’entendre avec elle, on peut même dire qu’on c’est bien marrer tout les deux.

Si on m’avait dit un jour que je me mouillerais comme ça avec des ennemis de classe, j’aurais bien rit.

Comme quoi, on est plein de préjugés.

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Mirtiye
a 18 ans. Après l’obtention de son bac, cette beatnik décide de partir 6 mois en Equateur travailler dans une garderie.

Très courageuse. Faut les voir les gosses d’ici : encore plus dégueux que chez nous et toujours malades.

On peut quand même mettre à leur crédit qu’ils arrêtent de chialer vite fait, une fois qu’ils se sont rendu compte que ça ne servait à rien, si ce n’est à s’exposer au risque de se prendre une beigne par papa qui rentre à la maison bourré comme un coin de cheminée.

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Gloria
est une femme unique au monde. Franco-colombienne à la retraite, elle à été chimiste dans sa jeunesse mais n’a jamais verser dans le narcotrafic. Elle passera 3 mois en notre compagnie, et travaillera sur différents projets : fabrication de savon, de pommades en tout genre…

Cette femme exceptionnelle a pour particularité sa mémoire d’éléphant : plusieurs fois durant le repas, nous pouvons l’observer se lever, passer à la cuisine et revenir, ayant oubliée ce qu’elle voulait y faire.

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Enfin Jacques est le mari de Gloria. Savoyard de souche, il est ingénieur à la retraite. Il travaillera sur de nombreux projets : construction d’un chauffe-eau solaire à Palacio Real, électricité à la garderie de Gaushi…

Les relations entre Jacques et Catherine seront des plus tendues. En effet, Jacques à une très haute opinion de lui-même, et aime beaucoup parler de lui.

En plus il prendra la mauvaise habitude de faire le suceur avec Pierrick. Il atteindra le sommet en nous confiant qu’à son avis Pierrick était de tous les hommes qu’il connaissait, le plus proche de Dieu. Ainsi soit-il.

Enfin, il faut parler de Marta, indigène de San Francisco qui remplace Julianna le week-end. Marta est très jolie, et fait des bons gâteaux au chocolat.

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De temps en temps, elle ce fait accompagnée de sa sœur Laura, également très jolie, qui me fera vivre une expérience de coiffure inoubliable que je relaterais plus tard.

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Posté par R_one à 18:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Samedi 5 janvier, je vais avec Catherine, Mirtiye et Marine faire un tour à Riobamba, chef lieu de la province du Chimborazo situé à une ½ heure de voiture de San Francisco.

Premier contact avec la ville latino américaine : ici la voiture est reine, et quand Catherine s’arrête pour laisser passer un piéton, celui-ci n’y croit même pas et refuse de traverser. Ici les automobilistes n’envisagent pas une seule seconde de ralentir pour laisser un piéton traverser.

Riobamba est une sympathique ville, où il fait plutôt chaud.

Les bus dégagent une épaisse fumée noire à chaque fois que le chauffeur caresse la pédale, les gens montent dedans en route, les pick-up sont blindés, les gens montent à 15 dedans, sans compter les cochons et les moutons,

le gros son reggaetton sort des maisons, les mecs hésitent pas a siffler les gonzesses, les flics se baladent à moto armés d’énormes fusils à pompes, et les cigarettes s’achètent à l’unité dans la rue.

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Posté par R_one à 19:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La semaine suivante, Pierrick nous emmène avec Jacques et Gloria qui sont arrivés en même temps que moi, visiter les projets de développement de la paroisse de Calpi (paroisse n’a rien de religieux, c’est une division administrative).

A l’arrière du Pick-up, on peut observer le campo à l’aise.

C’est ainsi que nous rencontrons une famille de paysans qui sèment la quinua à l’aide d’un couple de bœufs.

Même ici, ce n’est plus fréquent du tout, soit les gens sont riches et se paient un tracteur, soit ils sont pauvres et font tout à la main.

On se serait un peu cru en Bretagne en 1920.

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Posté par R_one à 19:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le mardi matin, je pars avec Gloria faire du savon.

A cette occasion je découvre la communauté de Bayushi où j’aurais l’occasion de revenir puisque la fabrique de pâtes à la quinua dans laquelle je vais travailler s’y trouve également.

La savonnerie est assez représentative de la situation équatorienne : il faut savoir que pour faire du savon on utilise de nombreux produits bien chimiques, comme de la soude caustique par exemple.

Les gens qui ont fabriqués la fabrique ont pensés qu’il serait bien de faire une cheminée qui permettrait l’évacuation des vapeurs nocives. Ils ont donc fabriqué une magnifique hotte au dessus des bruleurs.

Le seul inconvénient est qu’ils ont oubliés de faire un trou dans le toit, la cheminée est donc bouchée.

On ne peut pas penser à tout.


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Posté par R_one à 19:51 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quelques jours plus tard Pierrick me donne ma première mission : des volontaires précédents ont montés des sentiers de randonnés destinés aux touristes.

Pierrick me demande de les mettre à jours et de revoir les dépliants décrivant les ballades.

Mercredi 9 Janvier, je me lance donc dans la première des ballades, qui part sur les hauteurs de San Francisco et qui promet une belle vue sur les massifs environnants.

Après une rude ascension d’une bonne ½ heure, j’arrive sur la crête. La vue est un peu bouchée mais je compte bien voir les nuages ce dégager.

Pas de bol, c’est un orage qui me tombe dessus. Je me retrouve au milieu de la montagne, sans aucun abri.

Je me réfugie sous un malheureux talus qui protège que dalle. L’orage dure bien une ½ heure, les éclairs tombent autour de moi, la grêle s’invite, sa fait mal.

Je rentre piteusement à la casa, on y retourne demain.


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Posté par R_one à 19:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ce jeudi matin, première lessive.

Les filles m’ont prédis un truc casse burne à souhait.

Je monte sur la terrasse de la maison et commence à frotter. Coup de bol, il fait beau.

En plus on surplombe la route, on peut mater tout ce qui passe.

Ce n’est pas si terrible que ça la lessive en fait.


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Posté par R_one à 19:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L’après midi je repars pour la ballade.

J’y tiens. J’en chie une fois de plus pour monter là haut, l’altitude se fait sentir, mais le résultat en vaut la peine : arrivé sur la crête, je vois les nuages s’écarter pour laisser place à Taita Chimborazo, ainsi qu’aux autres sommets de la région : Tungurahua, Altar, Sangay, Carihuairazu.

On se sent tout petit tellement c’est beau.

A propos des volcans, les indigènes racontent des tas d’histoires et de légendes, c’est un peu comme s’ils faisaient parties de la famille.

Chimborazo est considéré comme le patron de tous les autres volcans du coin.

En effet, c’est le plus haut d’Equateur, le point de la terre le plus éloigné de son centre.

Il est maqué avec Tungurahua. Celle-ci est une femelle volcans.

Comme c'est une femme, elle est souvent encolère.

C’est pourquoi elle passe son temps à cracher des cendres.

Ensemble, Chimborazo et Tungurahua ont eu un fiston, Carihuairazu.

Altar quant à lui est aussi un bonhomme. Il voudrait bien se faire Tungurahua, qui n’est pas insensible à son charme.

Un jour tout les deux sont allers trop loin, et Taita Chimborazo c’est énervé et a défoncé Altar, d’où le fait qu’il lui manque un morceau.

Passionnant, non?


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Chimborazo

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Carihuairazu

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Tungurahua

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Les Altar derrière Pierrick et Ximena.

Posté par R_one à 19:58 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Vendredi ont commence à bosser sérieusement. Je pars avec Pierrick pour Palacio Real.

La légende dit qu’un jour Simon Bolivar, El Libertador est passé par là.

La nuit tombe alors il cherche un endroit où dormir. Il trouve une modeste hacienda et ses habitants l’accueillent.

Il dira plus tard qu’il y a dormit comme dans un palais, d’où le nom de Palacio Real.

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Donc à Palacio ce jour là, je devais commencer à travailler sur le projet de musée : à Palacio, il y a un centre touristique consacré au lama : on peut en manger dans le restaurant, on peut s’en vêtir grâce a la filature qui fabrique de la laine de lama et aux femmes qui tricotent des pulls. Et il y a un musée dédié à la bestiole. Pierrick me demande donc d’y travailler, avec l’engin que nous allons retrouver à Palacio, j’ai nommé Ximena.

Ximena à 22 ans. Elle est étudiante en tourisme à Riobamba, et consacre sa thèse à la communauté de Palacio. Je vais donc travailler avec elle pour améliorer le musée qui a plutôt une sale gueule pour le moment. Nous allons également bosser sur les deux petites ballades autour de Palacio.

Le lendemain, nous nous retrouvons donc pour commencer le travail sur les ballades. En fait on fait juste les deux ballades, histoire de ce familiarisé avec le terrain. Je discute avec Ximena. Mon espagnol est encore assez pauvre, mais j’arrive à m’exprimer.

Posté par R_one à 23:42 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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