04 septembre 2008
Ça y est, me voila reparti pour 4 mois, au Pérou cette fois.
Quatre mois à Lima, à étudier à la PUCP, ou Pontifica Universidad Catolica del Perù, rien que ça.
En vrai cela fait déjà plus de trois semaines que j’y suis, mais je n’ai pas eu le courage ou l’envie d’écrire, besoin de se poser un peu, de prendre possession des lieux.
Les photos arriveront plus tard, je dois encore racheter un appareil, ma bien aimée génitrice ayant réquisitionnée l’ancien.
J’ai donc quitté la terre bretonne le 11 Aout dernier, peu après 15 heures, direction Paris où je suis arrivé dans la soirée. Après une nuit dans un hôtel assez froid et peu humain, mais pas cher, j’ai donc retrouvé les charmants agents des douanes américaines qui m’ont à nouveau posés leurs questions toujours aussi indiscrètes, avant de partir pour Miami et ses longues heures d’attente à l’immigration.
J’ai fini par arriver à l’aéroport Mariscal Sucre de Quito, Equateur, le 12 Aout au soir.
Taxi direction l’hôtel pas cher près de la gare routière, pour repartir le lendemain vers Riobamba dire un petit bonjour aux amis de la communauté de San Francisco.
Je discute un peu avec le chauffeur de taxi, j’ai un peu perdu mon espagnol, mais je me débrouille. J’ai le malheur de lui dire que je vais rendre visite à des amis près de Riobamba, et le voila qui me propose de m’y emmener se soir même pour la modique somme de $100. J’ai beau lui dire que ce n’est pas dans mon budget, ce qu’il ne croit évidemment pas - je reste un gringo plein de sous dans sa tête - et que je n’ai pas l’intention de débarquer à trois heures du matin chez mes amis, il insiste, me dit que l’ont peu toujours négocié le prix, etc.…
Il finit tout de même par me déposer à l’hôtel, où je dors comme un bébé après deux jours sans sommeil, mon sommeil paraissant incompatible avec l’avion.
Le mercredi 13 Aout au matin, je me rends à la gare routière et prend un bus pour Riobamba où j’arrive vers 11 heures. Coup de chance, je tombe sur un bus qui part pour San Francisco, chose plutôt inhabituelle à cette heure là. J’arrive donc à San Francisco sur les coups de midi, et trouve Catherine et Julianna à table.
Je demande des nouvelles des différents projets sur lesquels j’ai travaillé quelques mois plus tôt. D’après Catherine les confitures sont en perdition, les femmes de l’organisation, propriétaires de l’entreprise n’ont pas changées, elles ne cessent de décourager les filles qui y travaillent, les traitant de voleuses à tout prétexte.
Plus tard apparait Pierrick, qui n’a pas l’air en grande forme, trop de travail surement. Il me raconte que les confitures ont enfin obtenues, après plus d’une année de travail le registro sanitario, document permettant de distribuer les confitures à plus grande échelles, mais seulement pour trois saveurs. Je ne sais pas si quelqu’un aura le courage de reprendre les démarches pour les autres saveurs, dommage.
Concernant le musée, Ximena n’a pas sérieusement avancé le projet depuis mon départ et je crois que Pierrick à abandonner l’idée de parvenir à quelque chose avec elle. Une autre étudiante équatorienne se serait intéressée au projet et aurait permis d’obtenir des fonds.
Peut-être les travaux que j’ai effectué pour se foutu musée serviront-ils un jour !
Plus tard arrive un couple de touriste à la maison, un couple de breton une fois de plus, des punks avec les piercings et la crête, sa détonne dans le paysage ! Ils sont forts sympathiques, et je passe l’après-midi à discuter avec eux au coin du feu, le décalage climatique se faisant ressentir assez rudement pour moi.
Après le repas du soir nous revoilà de retour autour du feu avec des bières en plus, à « refaire le monde », comme on dit. C’est assez agréable, Jean et Emilie venant du Pérou, ils me font partager quelques bons plans sur Lima. A priori il y aurait de nombreuses possibilités de débauches en tout genre, les repères alternatifs permettraient de faire des rencontres inédites, et de discuter de sujets divers et variés avec des personnes d’horizons différents.
Ils me rassurent donc un peu sur cette ville que tout le monde me décrivait comme n’étant qu’une vaste étendue d’immeubles ternes plantés sous une éternelle couverture nuageuse et arrosés par d’incessantes averses.
Le lendemain jeudi 14 Aout arrivent un nouveau couple, encore des Français, parisiens cette fois. Après avoir été faire un petit tour dans le village, sans croiser de visages connus, je les rejoints au coin du feu où nous entamons une deuxième journée à discuter de tout et de rien.
Après avoir vider le stock de bière de la maison et bruler tout le tas de bois, tout ce petit monde s’en va dormir. Je me décide à partir pour Lima demain.
Le vendredi 15 Aout, je profite de la voiture de Pierrick pour descendre à Riobamba. Il me dépose au terminal terrestre et je prends le premier bus pour Cuenca à 13 heures, pour y arriver 6 heures plus tard après avoir traverser de jolis paysages sur des pistes qui n’en méritent même pas le nom. Arrivé vers 19 heures, je repars direct pour Huachillas, à la frontière péruvienne où j’arrive vers 3 heures du matin. A la sortie du bus je croise un gosse d’une douzaine d’année, qui ce propose de me trouver un hôtel. J’accepte volontiers, je suis un peu stone après ses heures de bus et je débarque dans cette ville au climat assez étouffant sans trop savoir où aller.
Le gosse me trouve un hôtel et propose de me retrouver demain matin pour m’accompagner jusqu’au Pérou.
Après une courte nuit sous la moustiquaire, le gosse vient frapper à ma porte, et me voila reparti. Il m’accompagne chez un taxi qui m’emmène d’abord à l’immigration équatorienne faire tamponner mon passeport, ensuite on passe la frontière et on passe à l’immigration péruvienne. Mon taxi m’emmène ensuite jusqu'à Tumbes, petite ville non loin de la frontière. Sur la route, je découvre une végétation encore inconnue pour moi : des bananeraies à pertes de vue d’un côté de la route des rizières de l’autre.
A Tumbes je commence à découvrir le Pérou, les nuevos soles, la monnaie locale, les lao chais, des espèces de motos bizarroïdes à trois roues avec une carrosserie et quatre portes, s’il vous plait, qui servent de taxi.
Après quelques heures d’attentes, je repars pour Chiclayo, plus au Sud, d’où je prends un bus pour Lima.
Quand je vois la gueule du bus dans lequel je vais devoir passer une quinzaine d’heures, je me dis que j’aurais du écouter ma môman et prendre l’avion.
Je finis par monter dedans, et tente de m’installer le mieux possible, ce qui malgré mes efforts ne donne pas grand-chose si l’on prend en compte le fait que l’espace entre mon siège et celui de devant est d’environ 30 cm et que j’ai mon sac entre les jambes.
Je finis par réussir à rentrer, j’ai les genoux au niveau des oreilles et le moral au fond des chaussettes. Je me rassure en me disant qu’à 6 heures demain matin je serais à Lima et que tout ira mieux.
Je réussi à dormir un peu, et me réveille avec le lever du soleil, vers 7 heures, au beau milieu de pas grand-chose, un espèce de désert aride et gris, sans fin. Après s’être fait arrêter et contrôler une demi-douzaine de fois par les douaniers, police routière et autres képis, nous finissons par approcher de Lima. En effet, au milieu du désert apparaissent des cabanes en bois et en tôles, noyés sous la poussière, prémices de la mégapole péruvienne.
Après plusieurs heures de ce même paysage misérable, on arrive sur la côte pacifique, que l’on va surplomber plusieurs kilomètres, du haut de falaises assez peu rassurantes, les rambardes de sécurité étant remplacées par quelques sacs de sables empilés aux endroits les plus dangereux. Ma voisine ne me réconforte pas vraiment quand elle me dit que c’est un scandale, que l’on aurait du arriver il y a plusieurs heures déjà, que le chauffeur (ils sont sensés être trois pour se relayer), est tout seuls, qu’il n’a pas arrêté de conduire depuis 21 heures la veille (il est 9 heures du matin, et j’ai peur)…
Dimanche 17 Aout, 11 heures : arrivée à Lima, vivant, maintenant trouver la maison.
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