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09 septembre 2008

Après avoir un peu tourné en rond, je me décide à prendre un taxi. Celui-ci me dépose chez Patricia, femme d’un certain âge, dirons-nous, prof de français dans une école pour jeunes gens bien nés. Autant dire que Patricia n’est pas à plaindre. Elle vit seule avec sa chienne Luna, espèce de raton insupportable passant sa vie enfermé dans l’appartement à hurler à chaque fois que quelqu’un passe devant la porte.

L’appartement est un modeste trois pièces cuisine joliment arrangé au troisième étage (quatrième ici, puisqu’ils comptent le rez-de-chaussée comme le premier) dans le quartier de La Victoria, plutôt calme, même si j’entends souvent des trucs comme : « quoi, t’habites La Victoria, c’est chaud la bas, non ? », je dois être dans la bonne partie du quartier.

A Lima le quartier serait plutôt l’équivalent des arrondissements de chez nous, puisque chaque quartier à son « Alcalde », son maire, et sa municipalité. Lima compte 42 de ses quartiers, auxquels il faut ajouter le Callao, qui est une ville « indépendante » de Lima, mais qui est située en plein milieu de la ville. J’ai récemment acheté un plan de la ville, le bouquin fait 200 pages, pour donner une idée de la taille de la ville.

    

Les premiers jours je me perds un peu, mais après trois jours de tentatives infructueuses, je finis par réussir à aller jusqu'à la fac sans l’aide d’un taxi. Faut dire que j’habite La Victoria, mais que je dois prendre mon bus dans le quartier voisin de San Isidro, et que la fac est à San Miguel, mais que je dois descendre à Pueblo Libre. Un bordel je vous le dis.

Il faut aussi parler des fameux « bus » liméniens : il y en a de toutes sortes, du mini-van Toyota genre Lite-Ace à 8 place où on rentre au double minimum, jusqu’au vrai bus qui se galère dans l’impossible circulation de la ville. En effet, cette ville est un peu un enfer pour les automobilistes : pleine d’énorme avenues à 4 voies de chaque côtés, où les voitures roulent à fond les manettes, le piéton est ici secondaire, donc quant il faut traverser une de ses avenues, il vaut mieux courir vite. En plus, la municipalité prend un malin plaisir à faire des travaux dans les rues. Ce qui fait qu’un beau matin, en prenant le bus pour aller à la fac, on se rend compte que la moitié de l’avenue habituellement utilisée est coupée, sans que personne n’ait été préalablement prévenue, ni les habitants de la rue, ni les entreprises de transports. En plus ici les travaux peuvent rapidement prendre quelques années.

     Donc après trois jours de tentatives infructueuses, je finis par arriver à la fac. Au premier abord, sa a l’air d’un truc immense, mais après quelques temps d’adaptation, on parvient à se repérer. C’est plein de verdure, il y a des animaux bizarres, genre des écureuils, et des biches qui se baladent entre les salles de cours, et c’est tout bien propre. L’interdiction de fumer est étendue à tout le campus, et il y a des gardiens devant chaque bâtiment, avec contrôles des cartes d’étudiant et tout le bazar.

Je retrouve mes deux compères, Anne et Johan qui viennent de la même école que moi à Lyon, et nous découvrons notre emploi du temps, plutôt « léger » :

Mardi : 20h - 22h : une semaine sur deux, TP de marketing opérationnel.

Mercredi : 8h – 9h30 : Economie international ; 10h – 12h : marketing stratégique ; 18h – 20h : TP de marketing stratégique, 4 fois dans le semestre.

Jeudi : 10h30 – 12h : Marketing stratégique ; 17h – 20h : Marketing opérationnel.

Vendredi : 8h – 9h30 : Economie international.

Samedi : 7h30 – 10h30 : Droit international.

Le cours d’éco est assez peu intéressant car donné par un professeur quelque peu soporifique. Il nous sort des formules qui prennent tout le tableau, il se perd en explication pour nous démontrer des concepts somme toute assez basiques. Dommage, surtout que le cours à lieu à 8 heures, c’est assez peu encourageant pour se lever le matin.

Le cours de marketing opérationnel est donné par un italien sévère que les étudiants craignent un peu. En effet, passé un quart d’heure, il ferme la porte de la salle et plus personne ne rentre. C’est assez inhabituel ici, où les étudiant ne se gène pas trop pour arriver une demi – heure, voire une heure après le début du cours. J’ai été assez surpris d’apprécier se cour, moi qui ai quelques difficultés avec le marketing. Peut-être parce que le prof est différent de celui qui m’a appris le marketing à Lyon.

Le cours de marketing stratégique est bien différent, puisqu’il nous apprend comment les entreprises définissent leur stratégie. Le prof est assez intéressant, bien qu’un peu bloqué idéologiquement sur le libéralisme, voir même l’ultra : il n’a pas hésité à nous sortir qu’à son avis, les ONG n’avaient aucun avenir, et que se serait les entreprises privées qui feraient leur travail.

Enfin le cours de droit fonctionne d’une manière originale : nous sommes une classe de 20 étudiants, et chaque semaine le prof nous donne des textes à lire pour la semaine suivantes sur un sujet de droit international, comme la cour interaméricaine des droits de l’homme, la dette extérieure, le terrorisme, la cour pénale internationale ou le droit environnemental international, par exemple. Ensuite pendant le cours, on discute du sujet étudié entre étudiants. C’est vraiment pas mal pour apprendre le droit, même si se farcir une centaine de pages de droit en espagnol chaque semaine n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus réjouissant.

     Cela fait maintenant trois semaines que je suis arrivé à Lima, je commence donc à me rendre compte de ce qu’est vraiment cette ville. D’un côté, pas mal de négatif, comme le climat, qui m’assure-t-on, devrait s’améliorer dans les semaines à venir, la taille de la ville et la circulation, qui fait qu’il faut compter une heure minimum pour aller n’importe où, et enfin le fait que partout où l’on aille, on tombe sur un gardien, un agent de sécurité ou un policier. Ils sont vraiment partout, et on se sent un peu sous constante surveillance. De plus, la municipalité met des grands panneaux dans toute la ville, proclamant que l’on est en sécurité, qu’il y a des caméras de surveillance et des policiers partout. Si avec le nombre de flics qu’il y a déjà ils n’ont pas réussis à rendre Lima plus sur, ils devraient peut-être penser à changer leurs méthodes.

     D’un autre côté, pas mal de positif aussi : la ville est grande, il y a donc plein de choses à voir, des musées, des parcs, des cinémas… Ensuite il y a la mer, et d’ici quelques semaines on devrait pouvoir s’y baigner, en remontant un peu au Nord de la ville. La vie nocturne est également assez intéressante. En effet, les bars et boites sont ouverts tous les soirs jusqu’à pas d’heure, l’entrée est généralement gratuite, le litre de bière à 10 soles (2,5€), les gens sont super accueillants, ils n’hésitent pas à venir discuter, la musique est valable même si c’est un peu toujours la même chose : salsa, cumbia et reggaetton, il va falloir se décider à apprendre à danser tout sa. En plus, à Lima comme dans toute grande ville, il doit y avoir des endroits où l’on peut voir des concerts, il va falloir trouver sa. Enfin, dernier point positif, Lima est au centre du pays, le bus ne coûte pas grand-chose, et on a des weekends à rallonge, mes deux collègues étant aussi des amateurs de rando, on va pouvoir s’offrir quelques excursions dans les montagnes, prendre un peu le vert.

Aujourd'hui, première journée de soleil, c'est assez agréable.

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04 septembre 2008

Ça y est, me voila reparti pour 4 mois, au Pérou cette fois.

Quatre mois à Lima, à étudier à la PUCP, ou Pontifica Universidad Catolica del Perù, rien que ça.

En vrai cela fait déjà plus de trois semaines que j’y suis, mais je n’ai pas eu le courage ou l’envie d’écrire, besoin de se poser un peu, de prendre possession des lieux.

Les photos arriveront plus tard, je dois encore racheter un appareil, ma bien aimée génitrice ayant réquisitionnée l’ancien.

J’ai donc quitté la terre bretonne le 11 Aout dernier, peu après 15 heures, direction Paris où je suis arrivé dans la soirée. Après une nuit dans un hôtel assez froid et peu humain, mais pas cher, j’ai donc retrouvé les charmants agents des douanes américaines qui m’ont à nouveau posés leurs questions toujours aussi indiscrètes, avant de partir pour Miami et ses longues heures d’attente à l’immigration.

J’ai fini par arriver à l’aéroport Mariscal Sucre de Quito, Equateur, le 12 Aout au soir.

Taxi direction l’hôtel pas cher près de la gare routière, pour repartir le lendemain vers Riobamba dire un petit bonjour aux amis de la communauté de San Francisco.

Je discute un peu avec le chauffeur de taxi, j’ai un peu perdu mon espagnol, mais je me débrouille. J’ai le malheur de lui dire que je vais rendre visite à des amis près de Riobamba, et le voila qui me propose de m’y emmener se soir même pour la modique somme de $100. J’ai beau lui dire que ce n’est pas dans mon budget, ce qu’il ne croit évidemment pas - je reste un gringo plein de sous dans sa tête - et que je n’ai pas l’intention de débarquer à trois heures du matin chez mes amis, il insiste, me dit que l’ont peu toujours négocié le prix, etc.…

Il finit tout de même par me déposer à l’hôtel, où je dors comme un bébé après deux jours sans sommeil, mon sommeil paraissant incompatible avec l’avion.

Le mercredi 13 Aout au matin, je me rends à la gare routière et prend un bus pour Riobamba où j’arrive vers 11 heures. Coup de chance, je tombe sur un bus qui part pour San Francisco, chose plutôt inhabituelle à cette heure là. J’arrive donc à San Francisco sur les coups de midi, et trouve Catherine et Julianna à table.

Je demande des nouvelles des différents projets sur lesquels j’ai travaillé quelques mois plus tôt. D’après Catherine les confitures sont en perdition, les femmes de l’organisation, propriétaires de l’entreprise n’ont pas changées, elles ne cessent de décourager les filles qui y travaillent, les traitant de voleuses à tout prétexte.

Plus tard apparait Pierrick, qui n’a pas l’air en grande forme, trop de travail surement. Il me raconte que les confitures ont enfin obtenues, après plus d’une année de travail le registro sanitario, document permettant de distribuer les confitures à plus grande échelles, mais seulement pour trois saveurs. Je ne sais pas si quelqu’un aura le courage de reprendre les démarches pour les autres saveurs, dommage.

Concernant le musée, Ximena n’a pas sérieusement avancé le projet depuis mon départ et je crois que Pierrick à abandonner l’idée de parvenir à quelque chose avec elle. Une autre étudiante équatorienne se serait intéressée au projet et aurait permis d’obtenir des fonds.

Peut-être les travaux que j’ai effectué pour se foutu musée serviront-ils un jour !

Plus tard arrive un couple de touriste à la maison, un couple de breton une fois de plus, des punks avec les piercings et la crête, sa détonne dans le paysage ! Ils sont forts sympathiques, et je passe l’après-midi à discuter avec eux au coin du feu, le décalage climatique se faisant ressentir assez rudement pour moi.

Après le repas du soir nous revoilà de retour autour du feu avec des bières en plus, à « refaire le monde », comme on dit. C’est assez agréable, Jean et Emilie venant du Pérou, ils me font partager quelques bons plans sur Lima. A priori il y aurait de nombreuses possibilités de débauches en tout genre, les repères alternatifs permettraient de faire des rencontres inédites, et de discuter de sujets divers et variés avec des personnes d’horizons différents.

Ils me rassurent donc un peu sur cette ville que tout le monde me décrivait comme n’étant qu’une vaste étendue d’immeubles ternes plantés sous une éternelle couverture nuageuse et arrosés par d’incessantes averses.

Le lendemain jeudi 14 Aout arrivent un nouveau couple, encore des Français, parisiens cette fois. Après avoir été faire un petit tour dans le village, sans croiser de visages connus, je les rejoints au coin du feu où nous entamons une deuxième journée à discuter de tout et de rien.

Après avoir vider le stock de bière de la maison et bruler tout le tas de bois, tout ce petit monde s’en va dormir. Je me décide à partir pour Lima demain.

Le vendredi 15 Aout, je profite de la voiture de Pierrick pour descendre à Riobamba. Il me dépose au terminal terrestre et je prends le premier bus pour Cuenca à 13 heures, pour y arriver 6 heures plus tard après avoir traverser de jolis paysages sur des pistes qui n’en méritent même pas le nom. Arrivé vers 19 heures, je repars direct pour Huachillas, à la frontière péruvienne où j’arrive vers 3 heures du matin. A la sortie du bus je croise un gosse d’une douzaine d’année, qui ce propose de me trouver un hôtel. J’accepte volontiers, je suis un peu stone après ses heures de bus et je débarque dans cette ville au climat assez étouffant sans trop savoir où aller.

Le gosse me trouve un hôtel et propose de me retrouver demain matin pour m’accompagner jusqu’au Pérou.

Après une courte nuit sous la moustiquaire, le gosse vient frapper à ma porte, et me voila reparti. Il m’accompagne chez un taxi qui m’emmène d’abord à l’immigration équatorienne faire tamponner mon passeport, ensuite on passe la frontière et on passe à l’immigration péruvienne. Mon taxi m’emmène ensuite jusqu'à Tumbes, petite ville non loin de la frontière. Sur la route, je découvre une végétation encore inconnue pour moi : des bananeraies à pertes de vue d’un côté de la route des rizières de l’autre.

A Tumbes je commence à découvrir le Pérou, les nuevos soles, la monnaie locale, les lao chais, des espèces de motos bizarroïdes à trois roues avec une carrosserie et quatre portes, s’il vous plait, qui servent de taxi.

Après quelques heures d’attentes, je repars pour Chiclayo, plus au Sud, d’où je prends un bus pour Lima.

Quand je vois la gueule du bus dans lequel je vais devoir passer une quinzaine d’heures, je me dis que j’aurais du écouter ma môman et prendre l’avion.

Je finis par monter dedans, et tente de m’installer le mieux possible, ce qui malgré mes efforts ne donne pas grand-chose si l’on prend en compte le fait que l’espace entre mon siège et celui de devant est d’environ 30 cm et que j’ai mon sac entre les jambes.

Je finis par réussir à rentrer, j’ai les genoux au niveau des oreilles et le moral au fond des chaussettes. Je me rassure en me disant qu’à 6 heures demain matin je serais à Lima et que tout ira mieux.

Je réussi à dormir un peu, et me réveille avec le lever du soleil, vers 7 heures, au beau milieu de pas grand-chose, un espèce de désert aride et gris, sans fin. Après s’être fait arrêter et contrôler une demi-douzaine de fois par les douaniers, police routière et autres képis, nous finissons par approcher de Lima. En effet, au milieu du désert apparaissent des cabanes en bois et en tôles, noyés sous la poussière, prémices de la mégapole péruvienne.

Après plusieurs heures de ce même paysage misérable, on arrive sur la côte pacifique, que l’on va surplomber plusieurs kilomètres, du haut de falaises assez peu rassurantes, les rambardes de sécurité étant remplacées par quelques sacs de sables empilés aux endroits les plus dangereux. Ma voisine ne me réconforte pas vraiment quand elle me dit que c’est un scandale, que l’on aurait du arriver il y a plusieurs heures déjà, que le chauffeur (ils sont sensés être trois pour se relayer), est tout seuls, qu’il n’a pas arrêté de conduire depuis 21 heures la veille (il est 9 heures du matin, et j’ai peur)…

Dimanche 17 Aout, 11 heures : arrivée à Lima, vivant, maintenant trouver la maison.

Posté par R_one à 03:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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