22 août 2009
Brésil : suite et fin
Le lendemain matin je me lève de bonne heure pour aller faire un tour plus approfondie du quartier. Je passe par la Praca
Sao Paulo ne m’a pas paru spécialement jolie, même si je n’en ai visité qu’une minuscule partie. Dans tout les cas, ce que j’ai vu c’est limiter à des buildings en béton, style années 60 et des énormes boulevards.
Cependant, de temps à autres on voit apparaître un joli bâtiment à l’architecture portugaise, une petite place ombragée où les vieux jouent aux échecs ou aux dominos, ou encore un parc avec une jolie fontaine.
Dans l’après midi, je reprends le métro une dernière fois pour aller prendre mon bus. J’arrive après une bonne vingtaine d’heure à Corumba, à la frontière bolivienne le lendemain matin. Après avoir passé la frontière, je me retrouve à Puerto Quijarro, en Bolivie. Enfin, je comprends ce que disent les gens !
De suite, on ressent la différence avec le Brésil : la ville, principale poste frontière entre les deux pays, où l’activité commerciale licite et illicite est hyperactive, ne doit disposée en tout et pour tout qu’une seule route bitumée, les ordures s’étalent dans la rues, les chiens sont galeux et n’ont même plus la force de gueuler, et les vieux n’ont plus de dents. La différence avec la partie du Brésil que j’ai visité est rude.
Je me dirige directement vers le terminal et trouve un bus pour Santa Cruz, capitale économique de la Bolivie la Bolivie
Après les heures de retard réglementaires, que j’avais finis par oublier au Brésil, où les bus partent généralement à l’heure, un vieux bus ce pointe pour nous emmener à Santa Cruz, 16 heures plus loin.
Evidemment, j’ai les genoux au niveau des oreilles et mon siège ne se rabaisse pas. La nuit va être longue, je suis censé arrivé vers 7 heures. Le bus se remplit peu à peu, mes voisins sont un couple avec 3 gosses sur deux sièges, avec les bagages qu’ils n’ont pas du oser mettre sur le toit, contrairement à moi. Après quelques heures de voyage, la chaleur devient étouffante, les gosses braillent, les vieux ronflent, je ne dors pas beaucoup.
Vers 7 heures du matin, le bus s’arrête au milieu d’un paysage désertique. Les passagers descendent, les 3 chauffeurs (il faut au moins cela pour se taper les 16 heures de route) ont ouvert le capot du moteur, il semble y avoir comme un petit problème mécanique, tout le monde met son nez dans le moteur et émet son diagnostique.
Je suit l’histoire de loin, n’étant pas vraiment un génie de la mécanique, et attend que le miracle système D fasse son office. Mais cela tarde un peu. Au bout d’une heure, un taxi se pointe et embarque deux des trois chauffeurs pour une destination inconnue. Les gens s’impatientent, certains appel un taxi et reprennent la route, les autres attendent.
Au bout de deux heures, les deux chauffeurs sont de retour avec deux grands seaux pleins…d’essence.
Et oui, les types ont réussis à tomber en panne sèche au milieu du désert.
Bon d’accord, sa peu arrivé, mais bon quand on est chauffeur de bus et qu’on fait le trajet régulièrement, on devrait quand même pouvoir penser à faire le plein avant de partir.
Balèze.
Je finis par arriver à Santa Cruz, avec cinq ou six heures de retard. Vive la Bolivie.
Je prends directement un billet pour La Paz
J’arrive donc cette fois sans difficulté à La Paz
18 août 2009
Costa verde
Après trois jours de ballade dans Rio, je decide donc de repartir vers Sao Paulo en passant par la Costa
Je fais donc une derniere ballade dans Rio, en bus cette fois pour rejoindre la gare routière, ou rodoviaria en portos. Arriver la bas, je tente de trouver un bus pour un petit bled reperer sur une carte. Evidemment il n’y en a pas, je me rabats donc sur Paraty, petite ville coloniale, réputée immanquable par les baroudeurs. Je me méfie pas mal des immanquable, mais j’y vais quand même, on verra bien.
Je me retrouve à nouveau dans une pousada, une auberge, mais cette fois ce n’est pas de touristes qu’elle est remplie mais de militaires en riboule, ca promet.
La ville est assez touristique, et il y a de quoi : les maisons sont toutes construites selon la même architecture coloniale et les rues sont pavées d’énormes galets, ce qui rend la circulation assez périlleuse, mais qui donne un certain charme à l'ensemble.
Le lendemain de mon arrivée, ayant reperé un peu plus loin une ile avec plein de plages et de ballade à faire dans la forêt, je pense repartir assez rapidemment, mais un des militaire avec qui je partage la chambre et au nom imprononçable finit par réussir à me convaincre d’aller faire un tour à la plage avant de partir. Je le suis donc et prend mon premier bain au Bresil. Elle est bonne mais le fond est un peu vaseux.
Ensuite on va se balader dans la ville et le type me raconte sa vie : dernier d’une famille de cinq enfants, pas de père bien sur, il s’est engagé à 18 ans, engrenné par les messages patriotiques de l’armée.
Il a signé pour 7 ans et s’en veut pas mal. C’est vrai que le type n’a pas l’air trop à sa place au milieu de ses collègues un peu tous gros bofs bien virils.
Après l’armée, il compte partir au Portugal faire fortune, voyager dans toute l’Europe, avant de revenir au Brésil pour se marier et faire des gosses. Je lui passe mon adresse mail et lui demande de m’envoyer un mot quand il passera en France avant de courrir prendre le bus.
En tout et pour tout, j’ai du passer 5 ou 6 heures avec ce type dont je ne connais même pas le nom, je connais toute sa vie, et lui en sait plus sur moi que bon nombre de collègues de promo que je fréquente tous les jours depuis trois ans.
Comme le disait Ella Maillart, baroudeuse d’un autre niveau et d’un autre age « Seul peut être loquace l’inconnu qui vous quittera dans quelques heures, anonyme à tout jamais ».
Je parviens de justesse à choper le bus qui part pour Sao Sebastiao, au sud est de Sao Paulo. La ville en elle-même n’a pas vraiment d’attraits mais une ile en face de la ville, du nom d’Ilhabela m`à l’air assez intéressante.
Arrivé à Sao Sebastiao je m’installe dans un hôtel un peu glauque coincé entre le port et la gare routière. Le Brésil commence à couter cher.
Je vais ensuite faire un tour en ville manger un morceau dans un restaurant au kilo, spécialité brésilienne où l’on paie au poids. On peut donc s’en mettre plein le bide en prévision des jours de vaches maigres.
Le lendemain, après une nuit agitée par le bordel des camions circulants autour du port, je prends le ferry qui m’emmène sur l’ile d’en face. Ilhabela est une ile assez grande, d’une cinquantaine de kilomètres de long, montagneuse, recouverte de forêt tropicale et entourée de belles plages. Il y a une seule et unique route qui longe la côte est de l’île et qui mène à la petite ville d’Ilhabela.
Je commence par visiter le bled et cherche un endroit où trouver un plan des sentiers de randonnée qui parcourent l’ile. Je me ballade toute la journée le long de la côte avant de trouver l’office de tourisme où l’on me donne un plan.
Je prends le temps de trouver une petite plage où piquer une tête avant de rentrer.
Le soir, je prévois une ballade pour le lendemain qui devrait me mener, après avoir prit le ferry, prit le bus pour le sud de l’ile et trois ou quatre heures de marche dans la forêt, à un petit village de pécheurs.
Pour avoir le temps de faire l’aller retour dans la journée, je prévois de me lever vers 7 ou 8 heures.
Evidemment quand je me lève le lendemain matin, il est déjà 9h30. Je pars quand même et pense manger un truc au port en attendant le ferry. Arrivé au port, j’ai juste le temps de sauter dans le ferry. Je mangerais en attendant le bus me dis-je. Arriver à l’arrêt de bus, évidemment, il y en a juste un qui arrive, je monte dedans et me dis que je mangerais en descendant du bus avant de partir marcher.
Pas de bol, en descendant du bus je retrouve au bout de la route, et il y a juste trois ou quatre maisons dans les environs. Je prends le chemin en essayant de me convaincre que je trouverais quelque chose à manger sur la route. Après quelques kilomètres, le charme de la forêt fait son œuvre et j’oublie que je n’ai rien dans le ventre et que je ne trouverais probablement rien avant d’arriver au village, dans quatre heures environ.
La ballade est sympa, la forêt laisse entendre le bruit des animaux, j’entends la mer au loin, il fait bon, pas trop chaud. Au bout d’une heure de marche, je traverse une rivière les pieds dans l’eau, il y en aura une autre quelques kilomètres plus tard. Au bout de quatre heures je suis mort de faim, je finis par arriver au village de Bonnette.
Quand j’y arrive, mon estomac fait des bruits monstrueux. Je cherche un restaurant, une boutique n’importe quoi tant qu’il y a à manger.
Mais je ne trouve rien. Après avoir demandé à plusieurs personnes, je me rends compte que j’ai débarqué en pleine sieste, tout est fermer, les gens sont cloitrés chez eux à roupiller.
Je commence vraiment à désespérer. Si je veux rentrer avant la nuit, il faut que je reparte directement, le ventre vide. Sinon il faut que je passe la nuit dans ce foutu bled. Je décide de prendre la route du retour après avoir fait un dernier tour du village en quête de nourriture.
Au bout d’une demi heure de marche, j’ai déjà fais trois pauses. Il commence à pleuvoir, le genre de pluie tropicale qui vous trempe jusqu'à l’os en deux minutes.
Pour couronner le tout, je croise un type qui me demande si je compte retourner en ville. Lui répondant par l’affirmative, il me demande si j’ai une lampe car il va bientôt faire nuit. Oui oui bien sur, j’ai toujours une lampe sur moi. Avant de partir le mec me lance un ultime avertissement : « cuidado, piquouze, cobra ».
Je réfléchis une demi seconde et fais demi tour.
Je retourne donc à Bonnette où je passe la nuit dans une pousada où je me fais dévorer par les moustiques. Le lendemain quand je me lève, il pleut toujours. Je mange comme quatre et attend que la pluie s’arrête. J’attends jusque 11 heures et me dis que sa ne s’arrêtera pas comme cela, donc j’y vais. Sa risque de durer trois jours et je n’ai aucune envie de passer trois jours dans ce foute bled, surtout qu’en même temps je paie l’hôtel à Sao Sebastiao.
Je ne suis même pas encore sorti du village que je suis déjà trempé. Heureusement qu’elle n’est pas trop fraiche.
Le chemin c’est transformé en ruisseau, j’ai parfois de l’eau jusqu’aux genoux, mais le moral est bon, je marche vite. Jusqu'à ce que j’arrive à la première des deux rivières traversées à l’aller. La sympathique petite rivière c’est transformée en fleuve bouillonnant. Il y a deux personnes qui attendent sur la berge. L’une d’entre elle s’approche et m’explique la situation. Evidemment avec mon pauvre portugais, je comprends mal. Je crois comprendre qu’ils attendent quelqu’un. Moi je me dis qu’il y a un type qui va arriver avec un moyen de traverser. J’attends une demi-heure, je commence à avoir très froid. Au bout de trois quarts d’heures je redemande au mec ce qu’il attend. Et là je comprends mieux : ils n’attendent pas quelqu’un, ils attendent simplement que la pluie s’arrête et que le niveau diminue. Moi je suis en train de mourir de froid, alors je décide de tenter la traversée, avec l’aide de l’un des types. Je me retrouve avec de l’eau jusqu'à la taille, mais j’arrive de l’autre côté.
Je reprends la route et commence à craindre un peu ce que je vais trouver à la place de la seconde rivière. Quand j’y arrive, je suis décidé a traverser, quoi qu’il arrive. Il ne me reste plus qu’une heure de marche après la rivière, je commence à en avoir un peu plein les bottes, et je n’ai surtout aucune envie de faire demi-tour.
Je repère un endroit où il semble y avoir des rochers assez rapprochés pour pouvoir traverser en passant de l’un a l’autre. Le premier rocher est un peu loin, je manque de me faire emporter, mais arrive sur le premier caillou.
S’ensuit un petit moment de panique lorsque je me rends compte que le rocher suivant est trop loin.
Tout va bien, je suis juste coincé sur un pauvre caillou au milieu d’une rivière en crue.
Je commence à regretter mon bureau paraguayen.
A ce moment, je me rends compte qu’il y a du monde sur l’autre berge. On me demande si tout va bien, je réponds que tout roule, tout en pensant qu’il serait peut être temps de regagner la berge. Je plonge, et me retrouve sur la terre ferme, mais toujours du mauvais côté de la rivière.
A priori, les gens d’en face veulent me filer un coup de main. Ils veulent me faire traverser par un endroit un peu plus bas, juste au dessus d’une chute de plusieurs mètres de haut. Je me demande s’ils veulent ma mort et finalement l’un d’entre eux me fait signe qu’il serait plus sage de faire demi-tour et de passer la nuit à Bonnette.
Il est 16 heures, la nuit sera tombée avant que j’arrive et il faut en plus retraverser la première rivière, tout seul cette fois.
Je trouve un rocher sous lequel m’abriter, et attend que la pluie cesse. Vers 17 heures, je me dis que la pluie ne s’arrêtera pas avant que la nuit tombe, je suis bon pour passer la nuit sous mon caillou.
Après avoir passé une bonne demi-heure à observer un écureuil faisant sa toilette à quelques mètres de moi, je me retrouve seul, et commence a entendre des bruits bizarres venant de le forêt. Je repense au « cuidado, piquouze, cobra » du mec de la veille et commence à flipper sérieusement.
Quand d’un coup, un mec se pointe, comme sa.
Le mec me fait comprendre qu’il est venu me chercher, qu’il a des cordes pour me faire traverser la rivière. Sans poser de questions, je prends mon sac et le suit. Il n’est pas seul, il y a un autre mec resté de l’autre côté de la rivière avec une femme.
La traversée est assez périlleuse, le courant est fort, j’ai de l’eau jusqu'à la poitrine, mais j’y arrive.
Sans rien dire, les types reprennent la route. Le deuxième homme est le propriétaire d’une fazenda, une ferme-hôtel perdue dans la forêt où on le laisse. Je continue la route avec le type qui semble être un guide touristique, et la femme qui s’avère être une touriste anglaise. On finit par arriver au bord de la route où le guide a laissé sa voiture. Il accepte de me déposer au terminal des ferrys après avoir déposer la femme à son hôtel de méga luxe.
A l’heure où j’écris cela, cela fait un mois et demi que l’aventure c’est passée, et je n’ai toujours aucune idée d’où on pu sortir ces personnes, comment ils ont pu savoir que j’étais coincé comme un con sous un caillou.
Les gens qui m’ont surpris sur ma pierre au milieu de la rivière étaient tous brésiliens, et ils me pensaient rentrer à Bonnette.
Je mets donc se sauvetage inespéré sur le compte du Bon Dieu qui a du entendre mes prières, à défaut d’explication plus rationnelle.
Enfin bon, dans tout les cas je suis bien content de rentrer au sec, mes affaires sont toutes trempées, les cartes postales achetées à Rio et écrites avec amours sont bonne à jetées, mon appareil photo à pris l’humidité et je dois mettre mes billets a sécher.
Cela aurait pu être pire. Mon inconscience finira par me perdre.
14 août 2009
Iguacu & Rio de Janeiro
La région de la triple frontière est très visitée car elle a un interêt à la fois économique et touristique. Economique car c’est une zone franche. Tout les weekends, Ciudad del Este est envahie par les brésiliens car tout y est censé être moins cher.En même temps, les paraguayens vont tous à Foz, la ville brésilienne, car d’après eux c’est là que c’est moins cher. C’est ainsi que l’on peut voir tous les jours en fin d’après midi d’énorme charrettes chargées de marchandises diverse tirées par des hommes traverser le pont de l’amitié qui fait frontière entre les deux pays.
Il y en a surement un qui se fait baiser, mais lequel ?
L’interêt touristique, quant à lui réside bien evidemment dans les chutes d’Iguacu, qui se situent sur le fleuve Iguacu, à la frontière Argentino - bresilienne.
C’est aussi la raison pour laquelle je me suis arreter ici. Tout le monde me disant que je ne pouvais pas passer par là sans m’arreter, que c’est un spectacle unique au monde, il faut s’arreter. Alors je m’arrête. Erreur fatale qu’auront noter ceux qui savent à quel point j’abhore tout ces lieux touristiques. J’ai passer quatre mois au Pérou et je n’ai pas posé un seul orteil à Macchu Pichu ( pour ma plus grande fierté), et je m’arrete à Iguacu !
Enfin bon, à ce moment là de l’histoire, je ne sais pas encore quel erreur j’ai commis car je viens juste d’arriver à Ciudad del Este, et je suis en train de chercher un hotel pas cher. Je tourne un peu autour du terminal, et je finis par demander à un taxi de me trouver un hotel pas loin de la frontière. Le sieur s’execute, me trouve un hotel pas cher, mais pas n’ont plus miteux. Je m’installe et part directement pour les chutes. Il faut d’abord passer au Brésil, pas besoin de passeport ni rien, suffit de traverser le pont, et il faut ensuite prendre un bus pour les chutes. En l’attendant, je me dis que ca y est, je suis au Brésil, je ne comprend rien à ce que disent les gens, et je dois me dépatouiller avec les Reais.
Quand le bus me dépose, je commence à comprendre mon erreur : je me trouve à l’entrée du parc naturel d’Iguacu, et je dois faire la queue au milieu de dizaines de gringos pour arriver au guichet où je doit payer 20 Reais pour pouvoir entrer dans le parc. Ensuite on fait monter tout ce petit monde dans un bus qui dépose tout le monde près des chutes. Là c’est en file indienne que l’on descend vers les chutes, avec arrêt tous les 20 mètres pour la photo.
Je pense que c’est ce jour là que j’ai réaliser que tout ces sites ultra touristiques n’étaient vraiment pas fait pour moi. J’aurais essayer.
Généralement ces sites méritent d’être si connus, car ils sont exceptionnels, mais le problème est que l’on en fait des cirques. Ces chutes par exemples sont vraiment impréssionnantes, des dizaines de chutes sur plus de 4 km
Je part pour Sao Paulo le soir même. Le lendemain matin j’arrive au terminal Tiete, la principale gare routière de la ville. Le bordel est monstrueusement grand, on se croirait dans un aeroport. Je repart directement pour Rio de janeiro, où j’arrive après 6 heures de voyage dans la mata atlantica, la forêt tropicale bordant la côte bresilienne a cet endroit.
Arrivée à Rio, il fait chaud. On passera rapidement l’épisode suivant, là où je me fait baiser par un taxi comme jamais je ne m’étais fait avoir par un taxi. Ce n’est pourtant pas l’experience qui manque. Enfin bon, l’enfoiré me dépose devant une auberge pas loin du centre, et dans ce qu’on trouve de moins cher à Rio, à moins de tomber dans les hotels de passe et de camés des abords de Central do Brasil, la gare de Rio
.
L’auberge est un lieux de rencontre des voyageurs, et je me retrouve dans un dortoir avec 5 autres personnes. L’ambiance est relax, mais un peu club med quand même : tout le monde parle anglais, et tout les soirs c’est cocktail party in da house, je ne vous fait pas dire que je ne me sens pas vraiment comme à la maison.
Je reste quand même trois jours, à me balader dans la ville. Je commence par les plages aux noms qui font rever : Copacabana, Ipanema, Leblon, Botafogo,… En fin de compte, rien d’exceptionnel, ce sont de banals plages comme il y en a des dizaines en bretagne, sauf qu’elles sont un peu plus longues et que le climat y est surement plus agréable. Et puis en bretagne, il n’y a pas toute une rangée de buildings plantée juste derrière les plages.
La plage est un bon endroit pour observer le brésilien. D’abord, il aime le sport. Les plages sont pleines de terrains de foot et de volley, et on peut pas se balader tranquillement le long de la plage sans risquer de se faire rouler dessus par un cycliste, ou marcher dessus par un jogger.
Ensuite le bresiliens est econome en tissus : en effet, les maillots de bains c’est moulle baloche pour les hommes et bikini taille trois ans pour les filles.
Enfin les tatouages. Ici tout le monde est tatoué, avec plus ou moins de gout. Il parait que c’est une manière pour le placide brésilien de s’exprimer sans choquer l’autre.
Après les plages, je decide de partir divaguer dans les rues, un peu au hasard. C’est là que je découvre que Rio n’est pas vraiment faite pour les piétons : c’est une succession de boulevards à quatre voies de chaques côtés, et la vitesse est limitée à 70. autant dire qu’il faut cavaler quand on se decide à traverser.
Au final, Rio est une assez jolie ville, même si je n’en ai vu qu’une infime partie, j’ai aimé l’atmosphère, une impression qu’ici on s’en cogne de ce que pense les autres, on vit comme on vit.
09 août 2009
Paraguay
Bon je sais c'est le bordel. Pas de nouvelles pendant 2 mois, et d'un coup le voila que se réveil, qui poste des photos et qui commence à raconter sa vie.
En fait mon stage au Paraguay ne c'est pas vraiment bien passé : je travaillais donc au sein d'une ONG, Jopoi, dirigée par une bonne soeur espagnole du nom de Marucruz. Cette ONG développe plusieurs projets : garderies, associations de jeunes, assistance aux agriculteurs de la région, et micro crédit. C’est au sein de ce dernier projet que j’étais censé travailler.
A mon arrivée, j’ai donc fait connaissance avec le personnel de la petite entreprise, composée de 5 personnes : Marcos est le gérant, souffre d’une frappante ressemblance avec Rafael Correa, c’est le patron, c’est pour cela que l’on ne sait pas vraiment ce qu’il fait. Privilège de l’élite.
Fany est la caissière, ses principales occupations sont d’encaisser les mensualités des clients et de se faire belle. Elle devrait être en train de se marier ces jours ci. Je suis évidemment inviter, mais le fait de devoir louer un smoking, et plus du fait que je sois actuellement au Pérou m’a définitivement découragé d’y aller.
Victor et Jesus sont les deux agents de crédit, ils vont voir les clients potentiels, font leur petite enquête, observent le fonctionnement du commerce et de la famille gérante, puis vont défendre le dossier du client devant le comité de crédit qui décide si le crédit est accordé ou non.
Enfin Enrique est le petit dernier de la bande, il est chargé d’aller voir les mauvais payeurs pour leur demander de régler leur dette. La petite entreprise tourne bien, ils ont environ 800 clients.
Quand j’arrive, je commence par observer le fonctionnement de la boite, je pose mes petites questions, et au bout de deux semaines, j’ai compris comment cela marche,je suis prêt à passer a l’action. Mais l’action tarde a venir, a chaque fois que je demande quand est ce que je vais faire ma première enquête, on me répond le classique « mañana, mañana ». En attendant je stagne dans le bureau, je fais des tours de moto avec Enrique et je m’ennui.
Au bout d’un mois je me rends compte que l’on n’a pas vraiment besoin de moi ici. J’ai été parachuter pas Maricruz qui devait penser que l’on avait sûrement besoin d’un coup de main aux micro crédits, dans une ONG, il y a forcément du travail. Sauf ici a priori.
Je commence donc à réfléchir a ce que je pourrais faire. Mon retour en France est dans 3 mois, et je sature déjà de rester coincé dans un bureau. Je vais donc voir Sally, la femme qui gère le programme d’assistance aux agriculteurs. Je vais faire quelques tours à la campagne avec elle mais je me rends vite compte que j’aurais du mal à me rendre utile : les paysans parlent guaranis et ne comprennent pas forcément l’espagnol, et en plus je n’ai pas vraiment de qualifications en matière agricole.
C’est grâce à Sally que je rencontre Ernesto, cubain émigré en Belgique après son service militaire et volontaire à Jopoi pour deux ans. Avec lui je vais passer quelques soirées mouvementées abreuvées de tequila et de yerba paraguayensis. Je découvre la vie nocturne de Villarrica, ses clubs on l’on dance la salsa et le reggaeton jusqu’au bout de la nuit.
Dans le même temps je me décide à partir. Cela ne sert a rien de rester ici, il faut que je trouve quelque chose a faire ailleurs. Je veux d’abord aller au Brésil, découvrir une autre culture et une autre langue avant de prendre la route de l’Equateur.
A la fin du mois de Juin, je prends la décision de partir, mais mon départ sera toujours reporté pour une raison ou une autre : une route coupée par la pluie, un voyage prévu avec Ernesto qui s’arrête 5 km après Villarrica à cause d’une panne de voiture…
Pendant trois semaines, je reste coincé à Villarrica à planifier et replanifier mon voyage. Cela ne sert strictement à rien, car à mon sens un voyage ce planifie au jour le jour, de toute façon je ne peut pas prévoir la durée d’un trajet en bus ou l’intérêt d’une destination à l’avance.
Je deviens fou à Villarrica bloqué par la pluie pendant des jours.
Enfin le 15 juillet,la pluie s’arrête et je peut enfin partir pour Ciudad del Este, à la triple frontière avec le Brésil et l’Argentine et près de laquelle se situent les fameuses chutes d’Iguaçu.
La suite plus tard, je suis actuellement a Cusco au Perou, j'ai ecrit le recit de mon voyage dans mon petit carnet et il faut maintenant que je retranscrive le tout sur PC. Ce n'est pas vraiment evident, je dois aller dans des boutiques internet où des hordes de branleurs viennent jouer a la playstation en hurlant et où il faut une chaleur d'enfer. Cela viendra donc petit a petit.
08 août 2009
Premier Juin 2009, Aeroport de Zurich
Je suis dans un fumoir, une cage de verre, assez deshumanisée, comme tout aeroport qui ce respecte. Nous sommes trois fumeurs, chacun dans son coin, seul le bruit de la ventilation vient perturber le silence.
Je suis parti se matin, et déjà, les galères ont commencées. Arrivé á Roissy avec un aller retour Paris - Sao Paulo pour 4 mois sans visa, il me faut une preuve que je quitte le pays avant 3 mois, ou un visa bresilien. N’ayant aucun des deux une demi heure avant le depart de l’avion, je me retrouve un peu comme un c..., surtout que le type qui m’informe de ma situation ne m’aide pas vraiment puisque quand je lui demande quelles sont les solutions qui me reste, il me repond texto : « rentrez chez vous ».
Je finit par m’en sortir en achetant un billet d’avion pour Asuncion, Paraguay.
2 Juin 2009, Aeroport de Sao Paulo.
Je suis arrivé á Sao Paulo se matin à 5 heures, apres une douzaine d’heures de vol. Mon vol pour Asuncion est à 22h40, j’ai toute la journée à tuer dans l’aeroport, et je n’ai pas pu recuperer mon sac. En effet, n’ayant pas de visa, on ne me laisse pas sortir de la zone de transit pour recuperer mon sac. Heuresement je n’ai pas grand chose de valeur dedans, étant parti avec le minimum. Je me retrouve quand meme à l’autre bout du monde avec mon pauvre petit sac à dos qui contient mes papiers et quelques fringues de rechanges.
Je crains un peu l’arrivée à Asuncion, vers minuit il risque de faire froid, je n’ai pas grand chose sur le dos et je vais devoir trouver un endroit ou acheter des guaranis, et un hotel pas cher. Si j’ai de la chance, je trouverais un chauffeur de taxi qui me trouvera tout ça sans trop m’arnaquer. Je commence à être exigeant je pense.
22 heures : Ca y est, je suis dans l’avion, j’ai bien envie de brailler tellement je suis content, presque 18 heures dans cet aeroport, je commencais à devenir dingue.
3 Juin 2009, Asuncion.
Ca y est j’ai finit par y arriver, je suis maintenant au terminal oú j’attend le bus qui va m’emmener a Villarrica, lieu de mon stage. Je suis donc arriver hier soir a Asuncion ou j’ai dormi dans un hotel tenu par un suisse aux origines normandes. On trouve de tout au Paraguay on dirait.
Ce matin, je suis parti faire quelques courses, histoire d’avoir quelque chose a me mettre sur le dos. Il faut d’abord passer au bureau de change. On y rentre avec 100 euros, on en ressort avec un petit million de guaranis, et on se sent bien riche.
Dans la matinée j’ai pu avoir un premier aperçu du pays. Cela ressemble assez aux autres pays latino américaines que j’ai pu visiter, sauf que c’est tout plat, le point culminant, dans les montagnes de l’Ybytyruzu doit être a 300 mètres. Mais on l’appel quand même une montagne, même si c’est plus une colline qu’une montagne. Remarque on fait pareil en Bretagne avec nos montagnes noires.
Une autre particularité du Paraguay est le Terere, ou maté, le thé paraguayen. C’est donc une herbe que l’on met au fond d’un récipient, que l’on recouvre d’eau chaude ou froide (plutôt froide pour les hommes et chaude pour les femmes), et que l’on aspire avec une bombilla, une paille – passoire. C’est plein de vertus, réelles ou supposées, et l’imaginaire paraguayen est très développé, donc ils seraient capables de vous dire que le maté guérit le SIDA.
Ici tout le monde, mais vraiment tout le monde se promène avec sa petite thermos d’eau et son petit récipient.
Ensuite la population paraguayenne est différente de la population andine. Ici il y a énormément de femmes, 90% des hommes ayant été massacrés durant la guerre de la triple alliance au 18è siècle, on ne s’en remet pas comme cela. De plus, les femmes ne sont pas toutes petites et brunes comme dans les andes.
Il y a une forte population d’origine européenne ici, ce qui fait que l’on trouve des blondes, et même des rousses. Il parait qu’en 1981, après la victoire de Mitterrand, on a vu une vague d’immigration arriver de la France
07 août 2009
Bon comme je n'ai pas l'inspiration, ou le temps, ou l'envie d'ecrire je me contenterais de poster quelques photos.
Au Paraguay avec mes collègues Marisol la mexicaine, Sady la paraguayenne et Ernesto le cubano-belge, lors d'un voyage qui c'est arreté 30 minutes après le départ pour cause de panne de voiture.
Les chutes d'Iguazu a la frontiere Bresilo Argentino Paraguayenne.
Ipanema, Rio de Janeiro
Le Corcovado, Rio
Le pao de acucar et la plage de Botafogo, Rio
Ilhabela, Costa Verde
La Paz Bolivie, de nuit...
...et de jour.
Mont Illumini, La Paz
Calle Santa Cruz, La Paz
Sur la route de Copacabana, la traversée du detroit de Tiquina
Coucher de soleil sur le lac Titicaca
Copacabana Bolivie
Fête de la vierge de Copacabana, protectrice des "movilidades", c'est a dire toute sorte de vehicules, qui viennent se faire benir devant la cathedrale par le curé, puis au bord du lac par un chaman andin.
Paysages du lac.
Feu d'artifice en Bolivie
Cusco Perou
08 juin 2009
Je reprend aujourd'hui le clavier après un départ un peu précipité de ce blog.
Je n'ai pas vraiment d'excuse si ce n'est une fainéantise inégalable.
Enfin bon,mon voyage au Pérou c'est bien finit, je me suis offert quelques sympathiques excursions toutes plus cocasses les unes que les autres un peu partout dans le pays. Peut être un jour trouverais je le courage de conter tout ça.
Bref, présentement je suis à Villarrica, Paraguay. Surprenant, non?
Le fait est que pour ma troisième année d'école de commerce, je devais à nouveau faire un stage de 4 à 5 mois. Au départ, j'était parti pour faire un sympathique stage au crédit mutuel au Guilvinec. Finalement le plan est tombé à l'eau, et un ami m'a trouvé un stage au Paraguay au sein d'une association de microfinance.
Le Paraguay c'est ce petit pays enclavé entre l'Argentine, le Brésil et la Bolivie. C'est un pays assez peu connu, qui n'a pas vraiment d'attrait touristique, à part les chutes d'iguazu à la frontière avec le Brésil et l'Argentine, et quelques vieilles pierres.
Je m'arrête ici pour aujourd'hui, la prochaine fois je commence à narrer mes aventures paraguayennes, qui commencent bien avant d'y arriver...
28 octobre 2008
Comme promis, un petit article sur la situation péruvienne, quelque peu troublée ses derniers temps :
Premièrement, l’équipe de foot nationale c’est fait étrillée 3 – 0 par la modeste formation bolivienne la semaine dernière, puis 1 – 0 quelques jours plus tard par le leader du groupe sud-américain, le Paraguay. L’après midi du match contre le Paraguay, j’ai croisé un mec en larme dans la rue à la fin du match. En effet, le pays vient de perdre sa qualification pour le mondial 2010.
Je pense avoir un avenir en commentateur sportif, faut juste que je m’entraine à brailler des goooooooooool aussi long qu’eux et je serais bon.
Deuxièmement, la semaine dernière des enregistrements sont sortis d’on ne sais où pour révéler un scandale de corruption. Rien de bien extraordinaire me direz vous, sauf que cette fois le scandale ne touche pas seulement quelques obscures députés, il remonte jusqu’au somment du gouvernement.
Je vais essayer d’expliquer l’histoire, mais c’est un bordel.
D’abord une entreprise pétrolière norvégienne, Discover Petroleum souhaite investir au Pérou. Pour cela, elle doit faire une demande de concession à l’entreprise nationale Perupetro qui détient le monopole sur les concessions. Sauf qu’il y a un ripou dans la maison, le PDG Alberto Quimper.
Ensuite nous avons les « ratas », les rats comme les appels Alan Garcia le chef de l’Etat, Fortunato Canàan entrepreneur dominicain et Romulo Leon ancien ministre et membre de l’APRA, le parti au pouvoir. Ces deux là sont accusés d’avoir mis en contact les représentants de Discover Petroleum avec le premier ministre Jorge Del Castillo.
En fin de compte, les deux compères Canaan et Leon ont réussis à organiser un rendez vous entre l’entreprise norvégienne et le premier ministre qui à fait en sorte que ceux-ci obtiennent leur concessions avec l’aide de Quimper. Tout ce petit monde a été abondamment arrosé, et tout le monde aurait du être content.
Malheureusement, pas de bol un enregistrement vient de sortir où l’on entend une conversation téléphonique entre Romulo Leon et Fortunato Canàan, dans laquelle on les entend préparer leur coup.
Du coup le PDG de Perupetro Alberto Quimper est en taule, Romulo Leon et Fortunato Canàan sont en fuite, et le premier ministre s’est fait viré, ainsi que la moitié des ministres du gouvernement, qui étaient mouillés aussi.
Mais avant que les ministres ne démissionnent, on a eu le droit, comme sa ne suffisait pas, à une belle démonstration de politique.
Les ministres impliqués n’ayant pas démissionnés de suite, le parlement décide de voter une mention de censure (les députés votent pour décider s’ils demandent au président de former un nouveau gouvernement).
La dessus les membres du parti fujimoristes (de l’ancien dictateur Alberto Fujimori actuellement en procès) utilisent leur vote pour faire pression sur les autorités : on vote la censure du gouvernement à moins que vous ne fassiez un petit quelque chose pour limiter la peine de Fujimori.
La politique dans toute sa splendeur.
Dernièrement, un petit mot sur le Sentier Lumineux et ces dernières actions.
C’est un mouvement de guérilla Marxiste léniniste maoïste d’obédience Gonzalo (d’Abimael Guzman, ou Presidente Gonzalo, le chef de la guérilla), rien que ça.
Ils ont été très actifs dans les années 1980 jusqu'à l’arrestation de Guzman en 1992. Ils prônaient le pouvoir aux paysans et aux ouvriers, mais la guérilla comptait une grosse majorité d’étudiants et d’intellectuels fascinés par l’aura de Guzman, professeur de philosophie dans le civil. Ils ont donc commencés par des attentats, des attaques à la voiture piégées pour finir par massacrer les gens pour qui ils étaient sensés lutter, les paysans de la sierra.
A cette époque le Pérou est un bordel : Fujimori utilise le prétexte du terrorisme pour se mettre à l’aise, mettre les droits de l’homme, la démocratie et tous ses trucs qui doivent être casse burne pour un dirigeant, de côté.
On assiste à des disparitions, des massacres, des exécutions sommaires… On estime que cette période troublée à fait plus de 70 000 morts, la moitié par le sentier lumineux, l’autre par les militaires, paramilitaires et escadrons de la mort.
En 1992, Fujimori met en scène la présentation aux journalistes de Guzman, récemment arrêté. On voit un grand amphithéâtre bondé, et en bas, une cage recouverte d’un drap. Quand le drap tombe, on découvre Guzman barbu en pyjama rayé, genre un Dalton. Ca donne une idée du personnage de Fujimori.
Quelques années plus tard, Guzman sera condamné à la prison à vie.
Dans la prison de haute sécurité de Lima sont enfermés les criminels les plus dangereux du pays. Parmi eux, 500 senderistas. Alors que les autres prisonniers crèvent de faim de maladie et de mauvais traitement, les senderistas, ont leur propre quartier où ils ont carrément pris le pouvoir, les gardiens se font refoulés lorsqu’ils s’approchent de trop, les murs sont couverts de portraits de Guzman et de Mao, et ils ont reconstruits leur quotidien : formation politique, marches à la gloire du presidente Gonzalo, endoctrinement, ils ont l’air en bonne santé, reçoivent de la nourriture d’on ne sais où, et continuent à préparer le grand soir.
A l’extérieur, alors que tout le monde croyait en avoir finit, deux attaques successives ont fait une trentaine de morts dans la région d’Ayacucho et des militaires, et des paysans ont été retrouvés avec les yeux et la langue arrachée.
Cela serait du aux opérations anti narcotrafic menées par les militaires dans la région, en collaboration avec l’armée US. En effet, le sentier lumineux, qui durant ces heures de gloire se contentait de racketter le narcotrafic, fait aujourd’hui alliance avec lui. Il y aurait des membres du cartel de Tijuana qui auraient été repérés dans la région.
13 octobre 2008
Week-end à Trujillo :
Samedi 27 septembre, vers midi, je reçois un coup de téléphone d’Anne, pour me demander si un week-end à Trujillo me tente. C’est parti pour une nouvelle aventure, sans Johann, qui a un temps de réaction encore plus élevé que le miens, et qui ne sera pas de la partie cette fois. On part donc dans la soirée, pour arriver à Trujillo, ville assez importante de la côte Nord, aux premières heures du jour.
On commence par chercher un hôtel pas trop cher, et on finit par trouver un petit truc sympa, qui nous réservera quelques surprises. En tout cas, le gérant est très sympa, il nous file les bons tuyaux sur la ville et ces alentours. Trujillo est situé au centre d’une zone archéologique assez importante, puisqu’on y trouve les ruines de la cité de Chan-chan, que l’on part visiter dans la matinée.
On prend un bus miteux qui nous largue en plein milieu d’un désert sec et chaud. On marche un petit quart d’heure avant d’arriver sur le site. Il s’agit en faite d’une toute partie de la ville qui a été restaurée et qui est visitable, mais la ville d’origine devait être vraiment énorme, il y a des ruines partout. D’après le petit papelard qu’on nous refile à l’entrée, nous sommes au cœur de la plus grande cité d’adobe au monde, construite par la civilisation Sican et détruite par les espagnols quelques millénaires plus tard. Les inondations, tremblements de terre ainsi que le phénomène d’El Niño ont finit le travail, et il reste plus grand-chose aujourd’hui.
Après une rapide visite au musée du site, dont je me rappel juste les chiens galeux et demis morts censés garder le musée, nous partons pour Huanchaco, charmante petite station balnéaire où les trujillaños viennent se promener le dimanche. On se trouve un petit resto sympa où on bouffe colombien pour pas cher en face de la mer.
Après cela on se paie une petite sieste sur la plage. On peut observer les pêcheurs sur leur caballo de totoras, des espèces de canoës en roseaux de 5 mètres de long qu’ils manœuvrent avec un bout de bambou coupé dans la longueur. Ça a l’air assez casse-gueule comme truc, surtout que la mer n’est pas spécialement calme par ici.
Les gringos qui se galèrent à passer la barre en surf doivent être assez bluffés par les péchous locaux.
On se fait réveiller par la marée qui monte, et on décide de monter voir l’église sur la colline qui surplombe le bled. On y croise une trujillana et sa fille avec qui on discute le bout de gras.
Elles nous disent que c’est bien qu’on soit venu visiter leur ville, mais qu’il ne faut quand même pas qu’on oublie d’aller à Macchu Pichu, la fierté nationale.
Ils nous en bassine tellement les péruviens, avec leur Macchu Pichu qu’ils m’en on dégoutés, j’irais pas, toute façon c’est trop loin.
Après ça on rentre sur Trujillo, en s’arrêtant en route voir une Huaca, un temple Sican en adobe. C’est bien mais moi les vieilles pierres sa a vite fait de me les briser. Alors on rentre au centre ville qui est assez animé en se début de soirée. On prend des risques en allant bouffer dans une Chifa, un resto chinois.
Je dois avoir plus l’air chinois que les serveurs du bordel, mais la bouffe est bonne.
On rentre à l’hôtel vers 8 – 9 heures le soir, il fait sombre, et en arrivant devant l’hôtel, on voit des silhouettes habillées très très courts. En vrai les silhouettes sont en string dans la rue.
On rentre dans l’hôtel, et on s’installe dans le hall histoire de boire une bière avec notre pote le gérant. Après quelques minutes à discuter, on voit une des silhouettes croisée devant la porte qui rentre dans l’hôtel suivie par un moustachu bedonnant, et le gérant nous explique, comme pour s’excuser : « oui ici vous savez il y a des hommes qui se perdent en chemin, qui ne savent plus vraiment ce qu’ils souhaitent, alors on les laisse travailler ici ». Oui, il se trouve que l’on a atterris dans un hôtel de passe où les travestis font leurs affaires.
Moi je suis plutôt amusé, Anne moins, elle part se coucher en s’enfermant à double tour. Je reste discuter avec le gérant, et un des travelos se joint à nous plus tard. Très sympa le mec.
Le lendemain matin je me réveil pour courir aux toilettes qui ne sont pas bien loin heureusement, merci la Chifa de la veille, c’était couru d’avance.
Anne est déjà partie, il est que 10 heures pourtant, pas bien cette fille.
Je pars me balader en ville, je trouve un petit marché artisanal, avec un arabe qui vend des babouches et de l’encens en écoutant du raï. Tout va bien, je suis au Pérou.
Je repars pour Huanchaco, j’ai pas eu assez de plage hier, et c’est pas cet été en Bretagne que j’ai pu en profiter. J’achète un journal et un Inca Cola et vais me faire dorer la pilule au soleil qui tape fort par ici.
En fin d’après midi je rentre sur Trujillo, je dois retrouver Anne pour rentrer à Lima. Je décide de longer la plage un moment. Après une petite heure de marche, la rencontre avec un groupe de pécheurs et une espèce de gros morse à moitié bouffé par les crabes, je retombe sur Chan-chan, que je traverse en me remémorant les conseils du routard : « vous éviterez de vous promener en dehors du site restauré, on a noté la présence de voleurs dans les ruines aux alentours » merci routard de m’avoir fait flippé pour rien, j’ai traversé la moitié des ruines, tout juste si j’ai croisé trois pigeons.
En arrivant dans le centre de Trujillo je rencontre deux mecs dans la rue qui m’invitent à boire une bière quand ils apprennent que je suis français. L’un des deux gars a une sœur qui vit à Marseille.
On va se caler dans un bar, le mec sort un petit cahier avec des mots en français, et me demande la traduction. Ensuite il me montre un page avec une photo de président Sarkozy et une liste de mots à côté, je vous la restitue de mémoire : « fils de pute, enculé, enfoiré, mangeur de merde », il me demande d’y ajouter ma contribution et m’explique qu’il a fait une demande de visa pour aller voir sa sœur et qu’on lui a refuser, la faute aux réformes de Sarkozy qu’on lui a dis.
Je lui demande quels sont les critères à remplir pour obtenir un visa de tourisme pour la France, voila ce qu’il m’a répondu :
- avoir un membre de sa famille qui vit et travail en France
- justifier d’un contrat de travail et d’un logement au Pérou
- justifier de ressources financières suffisantes. Ça on sait pas trop se que sa veut sinon que la France est interdite aux pauvres.
Moi pour avoir mon visa pour le Pérou je me suis pointé à l’immigration, le mec à feuilleter vite fait mon passeport sans faire attention, l’a tamponné et listo, 90 jours de totale liberté au Pérou.
Ensuite on est partis sur un sujet moins sérieux, allons nous dire : le sexe. Rigolez pas, je me suis rendu compte que les différences culturelles se font également bien ressentir à se niveau là.
Le mec voulait que je reste prendre une charrette avec lui cette nuit là. Je lui dis que je ne peux pas, je suis avec une copine et on a prévu de rentrer à Lima se soir.
Le mec me dis tient, t’est avec une copine, une française ? Je lui réponds par l’affirmative, il me fait : vous avez dormi dans la même chambre ? Dans le même lit ? Oui dans les hôtels de passe ils font pas trop de lits séparés.
Là le gars me demande si on a couchés ensemble. Je lui dis que non, c’est juste une amie no más, et là le mec comprend plus : attend t’as dormi dans le même lit qu’une fille et vous avez pas couchés ensemble ? T’est gay ?
Ba non, mais c’est juste une amie, sans plus. Et le type de m’expliquer qu’ici c’est même pas imaginable une chose pareil, tu dors avec une fille ça peut être ton amie d’enfance que tu connais depuis 15 ans, ta voisine, ta sœur, n’importe qui, du moment que c’est une femme, tu couche avec !
J’essaie de lui expliquer que chez nous on pense pas pareil, ya des filles avec qui on fait pas ça, mais il a pas l’air convaincus.
Après ce sympathique cours d’anthropologie latino, je retrouve Anne, et nous reprenons la route de Lima.
Dans un prochain post, je vous raconterais ce qu’il se passe au Pérou en ce moment : c’est qu’entre le gouvernement qui pars en sucette à cause des scandales de corruption, des cartels de Tijuana et du Sentier lumineux qui s’allient pour ridiculiser l’armée et de l’équipe de foot nationale qui vient de se faire éliminées des éliminatoires du mondial 2010, le pays est au bord de la crise.
06 octobre 2008
Après ce sympathique week-end, je retrouve Lima, où le printemps s’installe tranquillement, où les rares arbres fleurissent, et où les tenues se font plus légères.
Je commence à tomber dans la routine de la vie quotidienne à Lima, avec ses petits détails qui changent tout par rapport à la France : le joueur de flute aveugle (surement sourd aussi vu les horreurs qu’il joue) du quartier que je croise tout les jours, les vendeurs ambulants de l’avenue Javier Prado que j’emprunte chaque jour pour aller à la fac qui vendent tout et n’importe quoi, des bonbons aux cartes du Pérou, des cordes à sauter aux loupes, et des règles en métal aux épuisettes, mais surtout, le coiffeur chez qui j’ai été me faire raccourcir la tignasse et qui m’a très bien accueilli dans son garage, où sont emménagés le petit salon de coiffure et l’atelier de cordonnier qui lui permettent de vivre modestement.
Je pourrais aussi vous parler des bus et de leurs inscriptions (« en memoria de mi mama Carmen » ou alors le magnifique « si quieres polvo sigueme » avec un jeux de mot sur « polvo » qui veut a la fois dire poudre et poussière, si tu veut de la poudre/poussière, suis moi…), des chansons de cumbia où le mec se fais à chaque fois brisé le cœur par une sublime jeune fille, des radios que y’en a pas une qui est pas « nomero uno en todo el Perù », de la télé où même au milieu des matchs de foot ils passent de la pub, où alors de mon voisin que j’entend tout les soirs sans exception hurler sur je ne sais qui mais que j’aimerais pas être à sa place, avant de s’endormir mort soûls.
J’ai également pas mal appris sur le Pérou en achetant le journal de temps à autres. D’abord, il faut bien choisir son journal, parce qu’il y en a une palanquée, mais la plupart traitent uniquement de foot et de people, les deux opiums du peuple péruvien.
Le Comercio, journal de référence ici, qui doit s’apparenter à notre Monde, à lui aussi tous les jours son énorme cahier sport ou je devrais plutôt dire foot, et ses 5 pages de people.
J’ai quand même finit par trouver un journal qui parle un peu d’actualité entre les événements footballistiques, en étant un peu moins complaisant avec le pouvoir en place que le Comercio.
J’ai donc découvert ce qui préoccupe la société péruvienne actuelle : d’abord la délinquance. Tous les jours on a le droit aux faits divers assez flippants, genre le mec qui se prend une balle dans la tête pour 30 soles (7 euros), les assassinats de journalistes, où de témoins gênants, le phénomène des marcas, où des gangsters repèrent les gens qui retirent des grosses sommes d’argents à la banque, qui les suivent jusqu'à l’endroit propice pour leur voler le fric et qui hésitent pas à tuer si il faut. Le phénomène a pris tellement d’ampleur sur Lima que les autorités ont décidés de proposer aux gens une escorte policières à la sorties des banques.
Ensuite les accidents de bus : environ une fois par semaine en une de tous les journaux, un accident de bus avec ses quelques dizaines de morts, où les victimes commencent par se faire voler leurs affaires par les flics avant l’arrivée des véritables secours.
Enfin la vie politique est assez tourmentée : entre les affaires de corruption, les ministres démissionnaires, les grèves illimitées, comme celle des médecins (oui ici même les médecins font grèves) qui dure depuis plusieurs mois, on ne s’ennuie pas, et avec la crise qui s’annonce sa ne va pas s’arranger.
On peu également parler du procès de Fujimori, derniers dictateur péruvien qui a régné sur le pays de la moitié des années 1980 à 2000, et qui sous prétexte de lutte contre la guérilla du Sentier Lumineux à fais disparaitre tout ses opposants. Le verdict est attendu pour la fin de l’année, et de nombreux péruviens craignent que Fujimori en sorte sans être condamné. La fille de ce gars là est députés et compte se présenter aux prochaines élections présidentielle, et elle à déjà dis que la première chose qu’elle ferait si son père était en prison lors de sa prise de pouvoir serait de le libérer. Le plus grave est que cette fille est une des députés les plus populaires du pays.
Enfin pour finir sur la presse, on peut également dire qu’ici les dirigeants ne s’embêtent pas à demander le licenciement des journalistes un peu trop curieux, puisque récemment « El Francotirador », un journaliste reconnu dans tout le pays pour son savoir faire en matière de dégommage de politiciens ripoux a été victime d’un malheureux accident de voiture, il s’en est sorti avec quelques contusions, et les journaux bienpensants ont eu vite fait d’accuser Hugo Chavez de « l’accident ». En effet, dans chaque pays latino américain il y a un bouc émissaire : en Equateur ce sont les colombiens, à chaque fois qu’il se passe quelques chose c’est de leur faute. Ici au Pérou, c’est Chavez qui prend.
Enfin des nouvelles de l’Equateur où la nouvelle constitution soutenue par le président Correa a été approuvée par référendum par 67% des équatoriens si mes souvenirs sont bons. Cette constitution a été qualifiée de « plus avancée du continent ». Entre autres mesures, on peut signaler que les homosexuels acquièrent les mêmes droits que les hétéros en matière de mariages et d’adoption, l’installation de base militaire étrangère est interdite sur le territoire, ça c’est pour la base américaine de Manta qui va devoir trouver un autre foyer dès l’année prochaine, le fait que les secteurs stratégiques de l’économie restent aux mains de l’Etat, et que celui-ci à le pouvoir d’autoriser ou non une entreprise étrangère à s’installer dans le pays. Enfin les indigènes voient leur système politique reconnu par l’Etat.
Pour finir, une citation de Michelle Bachelet, présidente du Chili, qui lance un vieux doigt d’honneur aux gringos après les événements en Bolivie, quand Evo Morales a expulsé l’ambassadeur des Etats-Unis accusé de conspiration : « s’il n’y a jamais eu de coup d’Etat aux Etats-Unis, c’est parce qu’il n’y a pas d’ambassade des Etats-Unis aux Etats-Unis ».








































